samedi 14 juin 2014

Sables - Chapitre 19

Un bon mois et demi sans poster de chapitre. J'avoue que depuis le NaNo d'avril j'ai eu besoin de souffler, sans parler de la finalisation du recueil pour la Japan-Expo. C'était un peu la course. Plusieurs annonces à vous faire : 
- Les précommandes pour le recueil de nouvelles sont ouvertes jusqu'au 22 juin. LIEN ICI
- Plusieurs projets de grandes envergures se rapprochent, j'espère pouvoir donner des nouvelles bientot.

et sinon, le chapitre 19 est court, mais je pense que vous serez surpris !
Bonne lecture !



Chapitre 19


La porte claque derrière Amaury, puis le bruit de la clé… et du verrou magnétique. Il soupire. Impossible de quitter cette pièce, ni la maison pour le moment. Le pirate se masse les yeux. Il avait été obligé de suivre son frère dans la demeure familiale. Au moins il avait évité l’inconscience et la torture. Malgré l’opacité des vitres de la capsule de transport, il s’était repu des paysages encore familiers de City-Hall : Les buildings immenses, les rues rectilignes, les lumières vives, l’animation… et la verdure ! Arbres, parterre de fleurs… Amaury s’est surpris plus d’une fois à prendre une grande inspiration pour humer l’air à la recherche de cette odeur particulière qui est celle de la nature humide.  Mais passées ces premières minutes de retour aux sources, il les a vues : les machines traqueuses. Elles sont programmées pour traquer chaque habitant de City-hall. Le Grand Ordonnateur sélectionne ceux qu’il considère comme inutiles et les Traqueuses exécutent les ordres : chasser, capturer, purifier la cité.
C’est avec la rage au ventre qu’Amaury finit le trajet jusqu’à la demeure de sa famille construite telle un vestige intemporel au sommet de l’une des tours centrales de la ville. Un manoir planté au centre d’un jardin, au-dessus de la ville. On y accède soit par les airs, soit par un ascenseur gravitationnel au centre de la tour. Quatre familles possèdent une telle demeure. Quatre familles qui se partagent la gouvernance de City-hall. Quatre familles régnantes qui sont tour à tour Grand Ordonnateur. Celle d’Amaury est l’une d’elles. Ces quatre familles sont les descendants directs des premiers geôliers et administrateurs de la planète. Dans chaque ville-bulle, la hiérarchie est la même : quatre familles dirigent la ville.
Amaury fait un tour d’horizon. Ses anciens quartiers sont les même en tous points, sauf les moyens de sécurité qui sont renforcés, non pour empêcher une intrusion, mais plus pour dissuader le pirate de s'évader. L’enchaînement des deux grandes pièces qui composent ses appartements privés mêlent à la fois un style très moderne et un autre plus désuet. Les couleurs oscillent entre le brun du bois et un mélange de lie de vin et de vert sombre. Le pirate soupire. Le voilà de retour en enfer.

Le sas coulisse dans un silence relatif alors que la tempête hurle autour d’eux. Saxxon, Kelvin et Tem pénètrent dans ce qui ressemble à un couloir de service. Il y a assez de lumière pour voir à quelques centimètres, pas plus. À peine entrés, la porte se referme en se verrouillant derrière eux. Le silence est presque douloureux à présent. Dans un souffle, les masques sont ôtés. Deux paires d’yeux fixent le mineur. Celui-ci remet en place sa manche tranquillement. Kelvin secoue la tête, libérant quelques mèches blondes prises dans la capuche.
— Comment as-tu su ? On avait une chance sur… sur… Tu aurais pu nous faire tuer !
— Nous sommes vivants et dans la ville.
Kelvin lève les yeux vers le plafond d’un mouvement énervé. Tem se frotte le visage pour ôter la sueur d’angoisse. Il fixe l’ancien mineur de façon songeuse. Saxxon fait bouger ses épaules tandis qu’il évalue la dangerosité du couloir. L’analyste reprend, sa voix toujours tendue.
— Qu’est-ce que tu as fait ? Personne ne rentre dans la ville. Personne !
L’ancien mineur sourit.
— Personne de non-autorisé. De ce que vous m’avez dit, toi Kelvin, tu as été radié de la ville donc rejeté. Elle te reconnaît comme son ennemi. Toi Tem tu n’existe pas pour elle, donc elle ne te laisserait pas entrer. Mais moi…
— Oui, toi.
Bethlehem est attentif à la réponse.
— Moi, personne ne sait qui je suis vraiment. Je ne suis pas l’un d’entre vous : ni mineur, ni Paria, ni Citoyen. Je ne suis pas né libre, comme toi Tem. Je ne viens de nulle part et pourtant je suis tour à tour mineur, Atréyade… et là… je change aussi.
Il retire son gant, montrant sa peau qui semble luire légèrement en se dépigmentant rapidement. Saxxon tourne et retourne sa main devant ses yeux, fasciné par le phénomène. Il serre sa main en poing avant de remettre résolument le gant tout en reprenant son raisonnement.
— J’ai une force hors du commun qui se déclare progressivement, je guéris de mes blessures même mortelles… et j’ai une relation particulière avec Amaury. Pas sexuelle ou amoureuse, non. Mais nous sommes liés. Je dois bien venir de quelque part et de ce qu’il m’a dit, les réponses seraient en ville. Logiquement, j’en ai déduit que je venais moi aussi de la ville. La ville se base sur une reconnaissance A.D.N. Ce que je lui ai fourni. Elle a ouvert la porte. C’est que je n’ai pas tort.
Kelvin serre les dents, puis le repousse d’un geste vif.
— Tu ne t’es pas dit que tu as pu déclencher une alarme quelque part ? Peut-être qu’ils savent que nous sommes ici. Nous allons être traqués.
Saxxon lui prend la main, l’analyste la retire aussitôt comme si le mineur l’avait brûlé. Saxxon sourit.
— Nous sommes en ville. C’est ce qui compte. Nous prendrons chaque problème comme il vient.
Tem touche brièvement l’épaule de Kelvin.
— Il a raison. Maintenant il nous faut sortir de là pour atteindre la ville.
Kelvin se frotte les yeux puis finit par lâcher ses cheveux.
— Les conduits entourent la ville entière.
Les murs et le plafond sont recouverts de tuyaux plus ou moins épais avec diverses marques. L’analyste allume la petite lampe à son poignet pour éclairer le plafond.
— Le plus simple est de suivre les conduits d’air ou d’eau. Ils nous mèneront vers les habitations.
Kelvin prend la tête de la colonne tout en marchant avec prudence.
— Je ne sais pas ce qu’on peut trouver dans les conduits… sûrement des robots mécaniciens dans le meilleur des cas.

Amaury regarde par la fenêtre de sa chambre, les bras croisés derrière le dos. Dehors la pluie tombe, effet du régulateur météorologique qui ajoute des éléments aléatoirement. Le jardin en haut de la tour s’étire autour de la demeure. C’est une parfaite réplique des édifices trouvés dans les archives générales. Sa chambre, plus petite pièce de ses appartements est pourtant spacieuse. Elle est séparée en deux par un léger rideau translucide, créant ainsi une impression d’intimité entre la couche et l’espace de travail. C’est lui qui désirait cet aménagement. Le grand lit a accueilli les ébats d’Amaury et de Kelvin en leur temps. Il a également su les projets d’Amaury dans le secret des nuits de la ville. Maintenant, tout semble froid et irréel à l’ancien pirate. A-t-il vraiment passé huit ans de sa vie hors de ces murs ? Il soupire, ses épaules s’affaissent. Soudain, il se redresse comme frappé par un courant électrique. Un frisson presque douloureux lui court de la nuque au rein. Ses cheveux se hérissent de même que ses poils. Son cœur rate un battement, puis cogne plus puissamment le coup suivant. Il le sait au fond de lui, Saxxon arrive. La porte de sa chambre s’ouvre à la volée. Son frère y entre d’un pas rapide.
— Amaury !
L’ancien pirate répond avec un sourire mauvais.
— Tu le sens toi aussi, Marcus.
Celui de Marcus est tout aussi large.
— Il vient. C’est exactement ce que je voulais.
Amaury perd de sa superbe et son sourire. Son frère se frotte les mains.
— Tu as toujours été trop naïf et prévisible. Je suis au courant pour ton esclave depuis que vous avez respiré le même air. Tu l’as compris toi aussi. Il est lié à notre famille. À notre A.D.N. Je ne sais pas encore ce qu’il est mais une chose est sûre, je le veux.
— Tu le veux ? Ce n’est pas une chose dont tu peux disposer. Saxxon est à moi.
Marcus éclate de rire.
— Et tu me fais la morale, petit frère. N’oublie pas voyons : toi et moi sommes pareils, identiques. Il est autant à toi qu’à moi.
Un bruissement se fait entendre, suivi d’une voix légère et hors du temps.
— Vous vous disputez encore, les garçons. Vous êtes bruyants.
Les deux hommes sursautent, se tournant en chœur vers la femme qui vient d’entrer. Fluette, elle ressemble à une poupée de porcelaine. Sa peau est blanche et lisse, ses yeux lourd et ses pommettes sont fardés de rose, ses lèvres de rouge vermillon tandis que ses cheveux d’un noir de geai s’étalent jusqu’au milieu de ses reins. Elle porte une robe d’intérieur en soie rehaussée de fines bordures  dans les tons verts. Ses gestes sont calculés au millimètre près. Voyant qu’elle a l’attention de ses enfants, elle sourit lentement, leur tendant ses mains chargées de bijoux et manucurées.
— Mes bébés, mes grands garçons… maman vous aime.
Les deux hommes lui prennent chacun une main, baissant la tête pour la regarder. Le sourire de la femme passe de l’un à l’autre tandis qu’elle les approches d’elle.
— Regardez quels beaux hommes vous êtes devenus. Il me semble que c’était hier que je vous ai mis au monde. Le temps est si mesquin ! Il file sans prévenir.
Son sourire se fane alors que ses yeux se ternissent. Elle lâche les mains de ses enfants, les portant à son visage.
— Et moi… et moi ? Le temps… mon visage, mes cheveux…
Ses doigts se crispent dans ses cheveux et son corps semble se tasser sur lui-même, diminuer. Un cri strident s’échappe des lèvres de la femme. Les deux hommes sont pétrifiés, à cet instant une femme arrive en courant, prenant sa maîtresse dans ses bras. Elle lui murmure des mots apaisants à l’oreille, puis la relève en l’empêchant de se faire mal. L’arrivante fusille les deux frères du regard.
— Votre mère est malade. Il lui faut du calme. Le plus grand calme et aucun choc. Aucune émotion trop forte ne doit venir perturber son repos, est-ce clair ? Si vous devez vous disputer ou hausser le ton, faites-le ailleurs !
Elle entraîne la femme qui gémit doucement. Amaury regarde le couple quitter sa chambre.
— Qui est-ce ?
Marcus croise les bras.
— Une nouvelle lubie de papa. Cette femme est diplômée de la plus grande université. Il l’a embauché pour s’occuper de la santé fragile de sa chère épouse. Un cerveau comme le sien, obliger de se coltiner la folie maternelle.
— Elle a pourtant l’air radieuse…
— Elle a un nouveau jouet. Une nouvelle créature pour lui tenir compagnie. Une espèce de boule pleine de poils avec une queue et de grands yeux. Il est moche comme tout et mauvais comme un saure mais mère l’adore.
Amaury regarde son frère avec attention tandis qu’il parle de leur mère. Marcus ne se rend pas compte de la douceur qui émane de son visage. Tant de similitudes et tant de différences entre eux !

Saxxon lève les yeux vers le dôme de verre. Ils sont sortis des conduits de maintenance depuis quelques temps maintenant. Ils se sont débarrassés de leur combinaison noire, cachées maintenant dans leur sac à dos. Leurs vêtements sont des tenues simples : pantalon en toile et pull léger. Les températures dans le dôme sont tempérées. Au-dessus de leur tête, une épaisse couche de nuage gris noie les buildings dans l’ombre. La nuit n’en paraît que plus sombre. Mais ce qui impressionne Saxxon et Tem est la pluie. Le météorologue est tétanisé devant le spectacle. Saxxon, lui, a les sourcils froncés. Kelvin lâche un immense soupir en s’étirant. La pluie fait luire ses cheveux blonds. Attiré par le bruit, Tem se tourne vers lui. Ce qu’il voit le subjugue. Kelvin s’en aperçoit et lui sourit, tentateur. Saxxon se tend. Il se tourne vers le centre du dôme.
— Par là.
Il pointe son doigt vers la direction que lui indique son échine. Kelvin hausse un sourcil.
— Il suffisait de me le demander. La famille d’Amaury possède une demeure au centre de la ville. Un bon petit animal de compagnie, dis-moi.
Tem secoue la tête.
— Pourquoi le cherches-tu tout le temps ?
Kelvin claque sa langue sur son palais, en signe de contrariété puis se met en marche.
— On n’est pas venu ici pour ça. Allons-y.
Sauf qu’au lieu de prendre la direction du centre, Kelvin prend en direction de l’est. Saxxon l’interpelle.
— Ce n’est pas par là.
Kelvin lève les yeux au ciel.
— Et alors, monsieur muscle, que comptes-tu faire ? Te pointer à la résidence, monter au dernier étage sans te faire remarquer, enfoncer la porte, tuer tout le monde et sauver Amaury ?
L’analyste secoue la tête avec supériorité.
— Franchement, Brûlepierre !
Bethlehem rattrape son compagnon.
— Tu as un plan ?
— Évidement. Il faut un minimum de préparation et je connais la personne à contacter. Par contre, il faut que je me repère. Il faut trouver une artère.
Ils emboîtent le pas à Kelvin qui prend les devants d’un pas vif. La ruelle sombre, mais propre, laisse place à une rue plus grande éclairée de lumières dorées. Au sol, dans des parterres se trouvent des buissons, des arbres et quelques fleurs endormies. Tem se penche pour en cueillir une, mais Kelvin l’en empêche.
— Ne touche pas, malheureux ! Tu vas alerter les robots ! C’est interdit. Chaque plante est pucée et enregistrée. Chaque graine est comptée.
Tem suspend son geste, Kelvin glisse sa main dans celle de la vigie en douceur. Saxxon reste silencieux mais ses mains se crispent de façon nerveuse. Cette réaction fait sourire Kelvin mais il n’ajoute rien. Puis Kelvin reprend son chemin.
— Je vais vous présenter la personne par qui tout a commencé et tout a fini.

Amaury tourne en rond : du lit au bureau, du bureau à la bibliothèque, de la bibliothèque à la baie, de la baie à la porte puis de la porte au lit. C'est un cercle sans fin. Sans crier gare, sa porte est enfin déverrouillée. Amaury attend un moment, puis quitte sa prison. Il traverse la demeure, la redécouvrant. Il note les changements, les améliorations, les différences… la demeure semble vide. Comme il s’en doute, les sorties et les ascenseurs sont bloqués. Après avoir tourné pendant plusieurs temps, il se dirige vers le centre de la maison. Il descend plusieurs escaliers, passe plusieurs portes dont quelques unes avec protection rétiniennes et génétiques. Puis, il arrive dans une chambre où il revêt une combinaison aseptisée. Le sas suivant couine, puis se referme derrière lui. Devant lui une salle immense s’étale. Le plafond est bas. Une grande majorité de l’espace est occupée par de nombreuses machines, d’ordinateurs, et de tubes et tuyaux qui glougloutent. La pièce est éclairée de façon crue. Une silhouette s’agite plus loin. Amaury carre ses épaules puis s’avance dans la salle. Il est obligé de slalomer entre divers matériels. Enfin, il voit le dos de l’homme. Il n’a qu’à tendre sa main pour le toucher. Il se retient au dernier moment.
— Papa ?
L’homme ne tressaille même pas, continuant à brancher des câbles dans ce qui semble être un petit rongeur. Il tend la main sans un mot, faisant un vague signe avec celle-ci. Amaury ferme les yeux entre accablement et colère avant de lui mettre une pincette sur la paume. L’homme en blouse verte continue de travailler. Parfois du sang gicle sur ses lunettes de protections, maculant les verres et la peau du visage. Au bout d’un temps, il abandonne sa chirurgie pour se tourner vers une image holographique ou s’agitent les constantes de l’animal. L’homme fait circuler diverses images avant de trouver celle qu’il cherche et de pianoter dessus. L’animal s’agite de plus en plus vite, ses pattes griffant l’air tandis qu’une mousse rose s’échappe de sa bouche. Un dernier spasme et l’animal ne bouge plus. L’homme qui n’a pas quitté la scène des yeux lâche un soupir.
— Encore raté.
L’animal est jeté dans un tuyau aspirateur et le plan de travail nettoyé par des robots de la taille d’une main. Le scientifique se retourne vers son fils, levant les yeux pour regarder son visage. Il fronce les sourcils, prend la main de son fils et sans un mot lui pique le doigt avec une aiguille creuse. Le petit cylindre clignote, avisant l’homme de la fin de ses analyses.
— Amaury.
L’ancien pirate est jaugé d’un œil sévère, puis la claque retentit dans tout le laboratoire. La tête d’Amaury part sur le coté, sa lèvre est fendue sous le choc. Alors que son père lève une seconde fois la main, Amaury lui saisit le poignet. Les deux hommes s’affrontent du regard tandis qu’Amaury serre l’avant-bras. Sa voix siffle.
— Ça suffit. Je n’ai pas l’intention de subir cela encore une fois de plus. Tu n’es plus rien pour moi.
L’homme se libère d’une secousse.
— Que fais-tu là, alors ?
— Je suis venu voir si tu étais encore vivant.
Son père le regarde avec un rictus.
— Je n’ai pas l’intention de mourir. Pas avant une éternité. Je remarque que toi également, fils. Comment va ta putain ? Morte, j’espère.
— Tu as tout fait pour cela, mais tu as échoué… encore une fois. Elle se porte à merveille. Toujours aussi belle.
— Elle aurait dû crever, ton môme et toi avec ! Tu n’es rien ! Tu n’existes pas !
— Hélas, tu as tort. Je suis aussi vivant que Marcus. Là aussi tu as échoué. Contrairement à Marcus, je ne suis pas un suiveur. Tu as peut-être pu faire en sorte que Marcus le devienne et qu’il t’obéisse… mais tu n’as pas pu avec moi. Je suis le grain de sable dans ton mécanisme si parfait.
L’homme se saisit d’un tournevis, tailladant l’air pour blesser son fils.
— Nuisible ! Disparais de ma vue !
Amaury attrape l’arme en plein mouvement, tordant le bras de son père pour pointer le tournevis sous la gorge de l’homme. Ils sont corps contre corps, respirant le même air. Leurs visages sont déformés par la haine. Amaury force sur son bras, le faisant trembler contre la résistance paternelle.
— Je pourrais te tuer, là tout de suite. Sans que personne n’intervienne pour te sauver. Tu te viderais de ton sang lentement… et tu pourrirais ici, dans cette pièce, seul.
— Alors fais-le ! Sois donc un homme ! Tue-moi, aller ! TUE-MOI !
Amaury le relâche d’un coup, le repoussant avec dégoût. Il crache sur le sol.
— Non, ça serait bien trop facile. Ma fille mérite une meilleure vengeance qu’une simple mort… papa.
Amaury lui tourne le dos. L’homme qui s’était affalé contre le bureau, se redresse en riant.
— Maintenant que Marcus t’a mis la main dessus, plus jamais tu ne quitteras la maison. Plus jamais tu entends ?
Amaury ne se retourne pas alors qu’il se dirige d’un pas rageur vers la sortie. La colère bout à ses oreilles. Une haine farouche et intense qu’il croyait apaisée lui ronge l’âme. Hurlevent hurle dans son crane sa libération. Il se répète comme un mantra que ce n’est pas encore le moment… pas encore.

2 commentaires:

  1. Oh! Que de révélation! Je suis curieuse de lire la suite tant le mystère s'épaissit. Il ne reste plus qu'à attendre.

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    1. Je cravache comme je peux :) Merci de ton retour !

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