lundi 17 mars 2014

Sables - Chapitre 15

Bonjour à tous, le chapitre 15 est enfin disponible. Vous noterez que j'ai travaillé rapidement pour écrire celui-ci ! Merci à Laku pour ses corrections et remarques... très amusantes ! Et bien sur disponible dans l'encart en version e-pub gartuite !

Bonne lecture



Chapitre 15

Le contact brûlant du sable sur sa peau. Le souffle ardent du vent fouette son visage. La lumière aveuglante des jumeaux traverse ses paupières. Son corps bouge sans qu’il en soit à l’origine. Une odeur plus présente que la minéralité du désert l’entoure. Amaury ouvre les yeux avec difficulté. Il ne voit que le tissu de la combinaison noire du désert. Il bouge sa main qui lui semble à des kilomètres de lui. Un mal de tête lancinant semble lui broyer le cerveau. Le pirate arrive tout de même à poser sa main devant lui, sur le corps dur. Un battement régulier pulse sous sa paume. Amaury tourne la tête tandis que sa nuque est parcourue d’un éclair de douleur. La gorge est recouverte de crasse et de poil drus. Puis le menton à la barbe plus fournie et parsemé de grains de sables entre l’ocre et l’or. Les lèvres pincées sous l’effort. Le nez, puis les yeux bleus foncés braqués sur l’horizon. Le cœur du pirate se serre à cette vision. Une rafale de vent bouillant les entoure, portant avec lui le sable qui leur cisaille la peau. Amaury sent, plus qu’il n’entend le grognement de Saxxon contre sa paume. Parfaitement réveillé, à présent, il tente de bouger. Les yeux aux pupilles cobalt se posent sur lui. Amaury ressent un autre sentiment, mais plus de malaise. Les yeux ont une expression glaciale, vide. D’un mouvement souple, le mineur lâche son fardeau avec précaution, maintenant le pirate le temps que la nausée et l’étourdissement passent. Soutenant toujours Amaury, Saxxon reprend sa marche. Le capitaine aurait voulu prendre le temps de regarder autour de lui, de se repérer dans l’espace, mais la main ferme du mineur, l’entraîne. Le vent souffle encore plus fort. Amaury resserre la combinaison autour de son visage. Les jumeaux sont bas dans le ciel, sur le point de se coucher. D’un rapide coup d’œil, le capitaine découvre son horizon : le sable, les dunes escarpées et mouvantes, et au loin, plus au nord, un mur de sable poussé par le vent. Amaury pince les lèvres. La tempête sera sur eux dans peu de temps.
— La tempête sera sur nous avant la nuit. Tu sais quoi faire ?
— Avancer.
Amaury secoue la tête.
— Nous ne survivrons pas. Tu ne connais pas les tempêtes. Elles sont aussi mortelles que tes grottes.
Un sourire traverse le visage d’Hurlevent. Oui, le désert était son élément. Malgré la nausée et la migraine, il analyse son environnement. Ils étaient vraiment perdus au milieu du sable. Devant eux s’étire une dune plus haute que les autres.
— Viens et fais comme moi, c’est important.
Prenant la direction des opérations, Amaury prend une démarche saccadée.
— Il faut éviter de marcher de façon régulière car c’est du sable tambour. Il nous faut trouver le bon endroit. De préférence du sable durci par les Jumeaux, à la limite du verre ensuite… il faut qu’on ait de la chance, mineur.
 Le capitaine du Khamsin tourne rapidement la tête vers Saxxon, les réactions du mineur sont de plus en plus étranges.  La situation en elle-même est presque surréaliste. Mais ce n’est pas le moment des questions. Se mettre en sécurité, ensuite les explications viendront. En haut de la dune, Amaury claque sa langue de satisfaction. Il avait vu juste. La dune fait, avec ses consœurs, un goulot en forme d’entonnoir. Devant eux la tempête progresse rapidement. Le pirate, sent, plus qu’il ne voit Saxxon près de lui.
— Regarde-ça mineur. Une des beautés du désert.
Précédant la tempête comme une vague de l’avant-garde, les créatures des mers de Sables. Un banc immense de sirènes encadré par des Anges des mers à la carrure impressionnante. Les jumeaux se reflètent de biais sur leurs écailles, faisant comme une ondulation de feu sur leurs corps innombrables. Un sourire étire les lèvres craquelées du pirate.
— Maintenant, le meilleur. Tu ne fais rien et tu m’attends.
Il se baisse pour ramasser un bout de sable vitrifié sur le haut de la dune, puis de son pas aléatoire, Amaury s’avance prudemment sur l’aplomb des dunes sans pour autant faire s’écouler le sable. Arrivé une dizaine de mètres plus loin, il s’entaille l’avant bras dans une grimace douloureuse. Puis, tendant son bras dans le vent, laisse ce dernier emporter les gouttes écarlates.  Il reste un long moment le bras tendu dans le souffle venu du nord, qui pourtant lui irrite la peau. Les gouttes semblent tourner et s’enfuir. Amaury finit par revenir sur ses pas, compressant la plaie. Saxxon n’a pas bougé d’un cil. Le regard du mineur est toujours vide bien qu'il ne le quitte pas un instant. Se replaçant à coté de Saxxon, Le pirate résiste à l’envie de lui poser les questions qui lui brûlent les lèvres. Soudain la vague d’animaux marins se scinde. Un petit groupe de sirènes fonce vers eux. Leurs nageoires fendent le sable mobile à une vitesse presque surréaliste.
— Les sirènes sont des charognards. Mon sang les attire. Maintenant reste totalement immobile.
Pour plus de sécurité Amaury s’empare du poignet du mineur, qui reste de marbre.
— Quoiqu’il arrive, ne bouge surtout pas et si tu crois en un dieu, c’est le moment de l’invoquer pour que cela marche. Dans deux ou trois temps, la tempête sera là et nous, morts.
Les quelques sirènes qui arrivent vers eux fendent les dunes comme si leur consistance n’était que fumée. La première arrive à la limite de l’entonnoir. Dès qu’elle franchit le somment, le sable sous elle, se met à couler vers le centre. Ses consœurs la rejoignent à leur tour, provoquant également un léger éboulement. Les quelques brassées de grains coulent sur les pentes, entraînant de plus en plus de sable. Et là, un phénomène sonore se produit : un léger grondement au début, qui augmente de plus en plus. Le bruit envahit l’air, pressant les tympans douloureusement, coupant jusqu’au souffle des deux hommes, mais d’une beauté quasi pure. Le son sourd se module dans les graves, donnant l’impression que des voix humaines s’expriment dans une langue inconnue. Une vibration remonte le long des pentes en entonnoir, piégeant les sirènes. Celles-ci se cabrent, mais trop tard. Leur poids les entraine vers le milieu du goulot. Leurs hurlements troublent l’harmonie, leur peur est palpable. Elles tentent de remonter à contre courant mais la partie est perdue alors que le sable s’écoule et les ensevelit. Puis un autre bruit se joint à la cacophonie ambiante. Le sol se met à trembler, puis le centre du goulot explose dans une gerbe d’ocre et de safran alors qu’un énorme Karmaï perce la surface. Sa gueule est largement ouverte et son œil pédonculé tourne comme fou dans toutes les directions. Il se fixe sur les sirènes, son corps ondule, puis l’immense ver des sables plonge, avalant trois d’entre elles en une bouchée. Il disparait dans un autre trou. Son corps n’en finit pas de glisser d’un boyau à l’autre. Puis enfin, il disparaît, ne laissant derrière lui que deux immenses cratères béants. Ceux-ci commencent déjà à se remplir de nouveau de sable alors que les dernières sirènes survivantes s’égaillent entre les dunes.
— C’est le moment ! Viens !
Amaury se laisse glisser sur la pente à toute vitesse.
— Dépêche-toi, mineur, c’est notre seule chance de survivre !
Saxxon rejoint Amaury au fond du gouffre. Le pirate est à genoux à l’entrée d’un des boyaux, prenant dans ses mains un mélange de sable et de matière gluante. Il est en train de former un igloo de fortune de cette matière étrange.
— Aide-moi, par les Jumeaux ! Vite avant que ça ne durcisse trop.
Toujours sans un mot, Saxxon obéit : il prend à pleines mains... le mélange gluant et puant. Tout en travaillant, Amaury explique pour combler le mutisme du mineur.
— Les Karmaïs avancent en avalant du sable qu’ils rejettent derrière eux après qu'il soit passé dans ses intestins. C’est un mélange de pisse et de chiure. Ça pue mais c’est notre seule chance. Si nous arrivons à consolider assez de sable sur le trou, nous pourrons nous y abriter.
Redoublant d’efforts sous le vent qui s’intensifie, les deux hommes arrivent finalement à monter un abri précaire mais assez solide pour qu’ils s’y tiennent assis l’un contre l’autre, jambes étendues. Ils s’y faufilent, Amaury fermant leur grotte avec les derniers vestiges de bave ensablée. Les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois confinés dans le noir, ensemble.
— Tout ce que j’espère c’est que la tempête ne sera pas trop forte. Si trop de sable s’accumule au dessus de nous, pas sûr que nous nous en sortions. Mais pour le moment, nous sommes en sécurité.
À ces mots, tout le corps du mineur se détend et il s’écroule contre Amaury. Le pirate panique un instant, avant de se rendre compte que le mineur s’est endormi. Le pirate s’installe plus confortablement pour garder l’homme contre lui. Les réponses à ses questions attendront. Dehors le vent durci. La tempête est sur eux.

— Tu te réveille enfin, Brûlepierre ?
Le mineur se redresse en se massant le cou.
— Où sommes-nous ?
— Où tu veux que nous soyons ?
Saxxon respire largement, fronce les sourcils puis se tourne vers la voix du capitaine.
— Pas dans la champignonnière ?
C’est au tour d’Amaury d’être perplexe un instant.
— Tu ne sais vraiment pas où nous sommes ? Ce qu’il s’est passé ?
Devant le mutisme du mineur, Amaury se creuse la tête. Que s’est-il passé ces derniers temps ? Il reprend doucement son interrogatoire.
— Quels sont tes derniers souvenirs ?
— La champignonnière. Nous y étions enfermés. Tu avais perdu l’esprit et je luttais pour garder le mien.
— Rien d’autre ?
— Rien que des images sans suite. Des sensations de douleurs, de chaleur… mais rien de très concret.
— Et si je te demande un ordre de temps ?
— Aucune idée, capitaine.
Le pirate grogne.
— Arrête avec ça ! Je ne suis plus capitaine, je n’ai ni vaisseau, ni équipage. Je ne sais même pas où nous sommes. Et ne bouge pas trop, notre abri n’est pas très solide.
— Où sommes-nous, alors ?
L’ancien mineur entoure ses genoux repliés de ses bras, faisant le dos rond pour ne pas toucher le plafond tandis que le pirate bouge le cou, qu’il tente de détendre.
— Tu m’as aidé à construire cet igloo avec les déjections d’un Karmaï.
— Pourquoi sommes-nous dans ce trou de ver ?
La nuque du pirate craque douloureusement. Saxxon pose ses grosses mains sur les épaules, tournant le pirate de côté. Il commence un massage qui fait soupirer d’aise Amaury.
— Tu nous conduisais droit vers une tempête. Sans abri, nous allions mourir. J’ai détourné un banc de sirènes vers des dunes de sables tambour, ce qui a fait venir un ver et nous a permis de survivre.
— Je nous conduisais ?
Les larges doigts du mineur s’activent sur la nuque ainsi que les trapèzes douloureux. Parfois les pouces s’égarent à la limite de l’implantation capillaire, faisant lâcher des soupirs de bonheur au capitaine.
— Tu ne te souviens de rien, alors ? Je me suis réveillé, tu me portais dans tes bras en marchant droit vers le nord-est. Tu ne parlais pas du tout. Tu donnais l’impression de ne rien voir. De ne pas être vraiment là.
— Aucun souvenir.
Saxxon, par légères poussées, oblige Amaury à se pencher en avant en faisant le dos rond, lui permettant ainsi de continuer le massage.
— Qui es-tu, Saxxon Brûlepierre ?
La voix d’Amaury est pensive plus qu’interrogative. Il reprend.
— Comment as-tu fait pour nous sortir de la champignonnière ? Comment as-tu survécu aux Jumeaux sans une cloque ou un coup de soleil ?
Le capitaine fini par tourner la tête vers l’ombre du mineur.
— Sais-tu ce qu’est un Primaire ?
Le massage s’arrête, avant de reprendre plus lentement. Aucune ambigüité dans les gestes, pourtant intimes, du massage.
— Primaire c’est ce qu’il y a en premier.
— Tu sais ce qu'est un primaire, sur notre planète ? Borges pense que tu en es un.
— C’est bien ou mal ?
— C’est surtout impossible. Les Primaires sont les premiers habitants de notre planète.
— Je ne suis pas un Atréyade.
— Les Atréyades sont différents des Primaires. C’est… compliqué.
Un éclair blanc traverse la pénombre de leur abri quand le mineur sourit.
— Il me semble que nous n’avons nulle part où aller pour le moment. On entend encore la tempête à l’extérieur.
Le massage fini, Amaury se redresse délicatement. Pour ne pas aborder encore le sujet, il prend position à côté du mineur, s’appuyant contre le mur de sable le plus solide, derrière eux.
— Comment vont tes mains ?
Il entend plus qu’il ne voit Saxxon tendre ses deux mains devant lui et serrer successivement les poings à plusieurs reprises.
— Aucune douleur, aucune gêne.
Le pirate lui prend une main, suivant du bout des doigts, tel un aveugle, les cicatrices et les crevasses laissées par la profonde brûlure.
— Anir fait ça aussi.
Cette remarque fait cesser l’action du pirate, qui relâche la main.
— Combien de temps as-tu mis pour guérir, Saxxon ?
Malgré l’étonnement de l’emploi par Amaury de son prénom, Saxxon répond tranquillement.
— Je ne sais pas trop… un mois ?
Le capitaine attrape une poignée de sable entre ses jambes, qu’il laisse s’écouler doucement de son poing fermé. La discussion continue.
— Pour un humain normal il faut plus d’un an si tout se passe bien. Tu as guéri en un mois de brûlures qui auraient dues logiquement te tuer ne serait-ce qu’à cause du choc psychologique de la douleur. Mais en plus d’être résistant, tu agis de façon instinctive pour te sortir de situations mortelles… et tu me sauves aussi. Ce n’est pas la première fois, Saxxon. Sans me connaître, tu m’as sauvé plusieurs fois. Sais-tu pourquoi ?
— Je ne me suis jamais posé la question. J’ai tout de même failli te tuer aussi quand j’étais sur ton vaisseau.
— C’est exact. Mais je pense que tu n’aurais pas pu le faire.
— J’ai bien tué Moreau et deux de tes hommes !
— Alors pourquoi ne m’as-tu pas assassiné quand tu le pouvais ? Pose-toi un instant la question, Saxxon. Nous avons été proches plusieurs fois, tu as dormi dans mon lit, nous avons été seuls aussi. Alors toi qui voulais tant me tuer, pourquoi suis-je encore en vie et pourquoi me protèges-tu ?
Le mineur reste silencieux le temps de s’interroger.
— Je n’ai pas de réponse. Je ne vois pas le rapport entre ma guérison et ta sécurité, ni le lien avec le Primaire.
Le pirate ôte le sable qui lui tombe sur la tête, leur abri souffrant des vents violents à l’extérieur. Il s’aperçoit que lui-aussi porte une barbe de plusieurs jours. Un instant il a la vision souvenir de leur corps à corps dans sa chambre mais la chasse rapidement. Les champignons doivent encore faire effet. Puis Amaury se rend compte qu’il cherche tous les moyens pour ne pas avancer plus dans la discussion. En étant honnête avec lui-même, le capitaine rechigne à parler de son passé. Saxxon reste silencieux à ses côtés, mais il peut sentir le regard profond de l’homme posé sur lui. Il inspire lentement l’air. C’est lui qui avait commencé la discussion, à lui de poursuivre.
— Sais-tu d’où je viens ?
— D’une des villes-bulles.
— Oui, de City-Hall exactement. La plus grosse ville biosphérique de la planète et également la plus ancienne. Tu sais ce que ça veut dire ?
— Que la ville était la première ?
— Oui, mais la première de quoi ? Je vais t’expliquer.
Amaury cherche ses mots. Cherchant surtout le bon point de départ.
— C’est parce que j’ai découvert une partie de ce que je vais te dire, que j’ai été forcé de quitter City-Hall. Je ne sais pas depuis quand cette planète existe. Je ne sais pas si les Atréyades y étaient avant. Mais voilà, cette planète n’aurait jamais dû être colonisée à ce point. Elle n’aurait dû être qu’une planète-prison de plus : larguer les hommes et les femmes condamnés et les laisser survivre ou non sous la surveillance de geôliers. Celle-ci aurai-dû être ponctuelle. Mais il s’est passé quelque chose. Je ne sais pas quoi, je ne l’ai pas découvert, alors les hommes sont restés et se sont adaptés. Pour se protéger, ils ont parqué les criminels dans les mines à la recherche des pierres à carburant en leur donnant le minimum vital, et se sont enfermés dans les villes-bulle. Il y a eu plusieurs révoltes et guerres intestines avant qu’un équilibre ne se fasse. Et c’est pour se défendre que les gens des villes biosphériques ont commencé à jouer aux sorciers de la génétique. Ils ont choisi des hommes parmi les prisonniers sur des critères particuliers : force physique, régénération rapide, manque de sensibilité… Ils les ont croisés et modifiés pour en faire des gardes du corps surpuissants, introduisant un message subconscient pour qu’ils n’obéissent qu’à eux sans émettre de protestation et sans avoir d’état d’âme. Ce sont les Primaires. Le problème est qu’ils n’existent plus depuis une éternité et si jamais ils existaient, ils ne pourraient pas sortir des villes-bulles car leurs poumons, leurs yeux et leur peau sont hyper fragiles et n’auraient pas supporté le désert ni les mines.
— Comment sais-tu qu’ils n’existent plus ?
— Les laboratoires ont été la première cible du dernier affrontement entre criminels et administrateurs. Au final c’est la saison des tempêtes qui a gagné, renvoyant chacun des camps chez eux. Au bout des deux mois, au retour du Perpétuel, ils ont trouvé un accord d’échange dont l’une des raisons aurait été la destruction des Primaires. Je te parle de cela, il y a plusieurs dizaines de générations. Maintenant que l’équilibre est là, pourquoi se souvenir du passé ?
Le petit rire du mineur fait se tourner Amaury vers l’ombre qu’il représente. La main de Saxxon tâtonne pour trouver l’épaule du capitaine.
— Je ne vois pas en quoi notre passé a pu te causer des ennuis. En quoi les vieux souvenirs sont-ils mauvais ?
— Mais tu ne comprends pas !
— Je ne vois pas ce que ce secret a de si secret.
Devant cette affirmation d’une logique absolue, le pirate reste coi. Saxxon continue.
— Tu me parle du passé de la planète, des Primaires, des guerres… mais si l’équilibre est là, pourquoi serait-ce un secret ? Les gens peuvent vivre sans connaitre leurs origines profondes, tant qu’ils ont leur vie. Je crois que tu réfléchis trop.
Amaury se dégage brusquement de la main amicale.
— Et toi pas assez. J’ai découvert des choses que personne ne sait et j’ai été blessé pour cela. Chassé et laissé presque mort.
Le mineur secoue la tête.
— Sûrement capitaine, mais pas ce que tu crois.
Amaury le repousse en criant.
— Arrête avec les « capitaine » ! Tu n’es pas un membre de mon équipage et tu ne le seras jamais ! Tu as trop de val…
Hurlevent ravale son dernier mot, se pinçant les lèvres. Il sent l’épaule de Saxxon s’appuyer furtivement sur la sienne, accusant réception de ses paroles. Réagissant à cela, Amaury se redresse.
— Tu ne m’as pas demandé des nouvelles d’Anir. Ni ici, ni dans la champignonnière.
— Il n’est pas mort.
— Comment le sais-tu ?
— Je le sais. Mais pour le moment je ne peux rien faire pour lui. Comme tu l’as fait remarquer, je ne me suis occupé que de ta sécurité. Je réagis comme les Primaires de ton histoire mais il est impossible que j’en sois un. Donc qui suis-je ? Qu’est-ce que je suis ? Que représentes-tu pour moi pour te sauver contre ma vie et celle d’Anir ? Si les réponses se trouvent aux villes-bulles, c’est là que j’irais.
Amaury sourit.
— Au final tu te contredis. Tu veux connaître ton passé.
— Je connais une partie de mon passé. Je sais que je ne viens pas des mines. Je me souviens avoir marché longtemps avec ma mère dans le désert. Je me souviens aussi d'être arrivé dans une ville avec elle mais en plein ciel. Je me souviens aussi qu’elle y a retrouvé un homme qui nous a conduits à la mine de Narval. Elle m’a dit de l’appeler « papa ».
Saxxon soupire.
— J’ai également appris par la suite que lui et ma mère n’aurais jamais d’enfant. Mon père aimait les hommes et c’est à cause d’une dispute avec son amant qu’il est mort, dans un accident de mine. L’amant de mon père était Énoch. Il me l’a dit a demi-mot à notre dernière rencontre… avant que vous ne le tuiez.
Le ton est agressif tandis qu’Amaury sent le corps de Saxxon se tendre de rage près de lui.
— Je ne pourrais te dire si nous sommes à l’origine de sa mort, mais il ne me semble pas. Il vivait en ermite… pourquoi voulais-tu que je sache son existence ? Moreau aurait pu te le dire, moi non. Tu l’aimais beaucoup cet homme.
Saxxon hoche la tête. Il ouvre la bouche pour parler mais à cet instant le sable de leur abri s’écroule sur eux. Ils n’ont pas le temps de se protéger qu’ils sont ensevelis. Mais pour un court instant. Bientôt un museau et une langue humide fouille le sol à leur recherche.
— Ils sont là !
Crachant et cherchant leur souffle, les deux hommes sont tirés du sable par plusieurs bras musclés, puis Saxxon est percuté par un corps qui le fait basculer en arrière.
— J’ai cru que je t’avais perdu !
— Anir ?

3 commentaires:

  1. J'ai hâte de savoir comment ils ont été retrouvé!!!

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    1. Ouais, moi aussi XD ! Meuh non, je sais comment. Il ne me reste plus qu'à l'expliquer ^___^

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  2. Bon ben j'ai pas trop aimé ce chapitre, c'est un peu fouillis, je comprend la moitié des choses, est-ce la fatigue ? Bref je comprend le résultat mais pas l'acheminement. . . et j'ai pas l'impression qu'il y a de subtilité, juste un texte brut que je n'arrive pas à déchiffrer ! Je reste perplexe, je sais que la suite m'ira mais pour le coup je vais au lit j'ai perdu le fil passionnant de l'histoire !

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