lundi 25 novembre 2013

Sables : Chapitre 11

Avec un jour de retard, voici le chapitre 11 de Sables. Le lien e-pub est disponible également. J'ai refait le fichier e-pub correctement, j'espère qu'il n'y aura plus de soucis. Merci à vous tous pour votre soutient ! Une petite surprise pour vous est en préparation. Restez branché !!



Chapitre 11

Après leur courte nuit et un frugal premier repas, Amaury et Saxxon se rendent dans le boyau principal de la mine. L’hôpital de fortune de Borges n’est plus qu’un souvenir d’odeur et de tas de déchets recyclables ainsi que quelques traces de sang imprégnées sur la roche. Saxxon regarde avec attention autour de lui. La lumière est chiche et incertaine. Il n’y a personne en vue. Amaury suit le cheminement de la pensée du mineur, répondant à la question muette.
— Nous avons investi les loges. Nous y avons retrouvé presque tous les biens des anciens habitants : vêtements, couvertures, vaisselles…
— Quand nous quittons la mine pour ne plus y revenir, nous ne nous chargeons pas. Les Longrand ont rejoint la mine la plus proche par les souterrains.
Notant l’air perplexe du pirate, Saxxon s’autorise un sourire supérieur.
— Penses-tu que nous sommes totalement isolés les uns des autres ? La grande majorité des mines communiquent d’une façon ou d’une autre par les souterrains.
— Alors vous auriez pu vous échapper à Narval ?
Saxxon tique.
— Narval est l’une des mines les plus éloignées. Le chemin pour atteindre Solace est de plusieurs cycles et les grottes peu sures. C’est faisable, mais extrêmement dangereux.
Le mineur se dirige vers le fond de la large pièce, le capitaine sur ses talons. Ils arrivent devant une mécanique antique pleine de rouille. Amaury croise les bras, indiquant la machine du menton.
— Même Yapee s’y est cassé le peu de dents qu’il lui reste. Il dit que rien ne correspond à ce qu’il devrait.
Saxxon inspecte le mur, découvrant une série de symboles qu’il examine. Hurlevent le regarde faire.
— Le langage des mineurs. Moreau aurait pu nous aider si tu ne l’avais pas tué.
— De quelle mine venait-il ?
— Je ne lui ai jamais demandé. Un pirate n’a plus de nom et de passé. Il a quitté son ancienne vie.
Saxxon rit en sourdine.
— Tu t’appelles bien Hurlevent.
— J’aurais pu m’appeler Dzhari ou Badisad. Ce nom représente ce que je suis.
— Ce que tu voudrais être.
Amaury claque sa langue de désapprobation.
— Tu es assez remis pour me provoquer alors tu dois l’être aussi pour rallumer ce bazar.
Saxxon hoche la tête.
— Appelle ton ami le vieil homme. Il comprendra ce que je lui dirais.
— Il a une jambe cassée et est sourd. Ce que tu diras, je le comprendrais. Je ne suis pas stupide.
— Tu n’es pas mécanicien non plus.
Le capitaine a un mouvement d’humeur.
— Tu discuteras tout ce que je dirais, ma parole ?
— Tu n’as pas l’habitude qu’on te dise non, Pirate.
Hurlevent claque sa langue dans un bruit désapprobateur.
— Tu gagnes encore, Brûlepierre, je vais te chercher un mécano. J’espère pour toi que cela en vaut le coup !
Le capitaine abandonne le mineur devant la console obsolète. Saxxon examine l’engin. Il aurait eu ses mains, il ferait les manipulations adéquates… Ses mains. Un coup d’œil vers les bandages souillés le fait frissonner. La dose de poussière d’ange calme la douleur mais il sent que cet état n’est que factice. La peau repousse déjà, déclenchant des démangeaisons intempestives. Borges lui avait dit que la peau de ses mains serait à jamais cicatricielle. Le mineur hausse mentalement les épaules. Tant qu’il peut s’en resservir, cela ne le dérange pas plus que cela. Revenant au présent, il inspecte le tableau de contrôle une autre fois, repérant les différentes commandes. Celui de Narval est à peu près similaire puis les inscriptions l’aideront. Le capitaine revient accompagné d’un tout jeune homme aux cheveux hirsutes couleur sable. Sa peau sombre et ses cheveux clairs le désigne comme un sang-mêlé Atréyade.
— Voici Anir. Dis bonjour.
— Bonjour.
— Bien. Anir, tu écoutes ce que le mineur te dira, tu apprends et tu exécutes. Je veux que le moteur de cette mine fonctionne dans moins de deux temps, compris ?
— Oui, Capitaine.
Hurlevent lance un dernier regard à Saxxon, fait demi-tour pour repartir vers le cœur de la ville. Saxxon examine le jeune homme qui n’ose pas le regarder dans les yeux.
— Anir, c’est un prénom Atréyade, pas vrai ? Moi, c’est Saxxon.
Le jeune homme hoche la tête, les yeux rivés sur ses chaussures. Saxxon secoue la tête.
— Tu as peur de moi ? Tu peux me regarder et me parler.
Anir lève les yeux vers Saxxon, se mordant la lèvre inférieure. Voyant que le sang-mêlé reste figé, Saxxon tente un sourire.
— Je ne suis pas très doué pour la conversation, alors on va se mettre au travail. Tu vas bien m’écouter et faire ce que je te dis. Si ton capitaine t’a choisi, c’est qu’il a confiance en toi et grâce à toi, dans un temps ou deux, la mine sera de nouveau opérationnelle.
Lorsque Saxxon commence à parler technique avec Anir, ce dernier change complètement. De timide et silencieux, il passe à confiant et professionnel. Saxxon en est étonné. Ce petit homme, aussi fluet qu’un adolescent comprend le système facilement et trouve même des réponses aux doutes de Saxxon. À peine un temps plus tard, les moteurs grondent à travers la roche, faisant s’abaisser la totalité des lumières de la mine. Le bruit s’intensifie, une partie des ampoules explose sous l’afflux de courant, enfin les éclairages se stabilisent. Au niveau du puits principal, un souffle de poussière se répand. Puis le tuyau émet des borborygmes avant qu’un crachat d’eau sombre s’écrase contre la paroi, suivi rapidement d’un autre. Une sorte de boue à l’odeur infecte s’écoule lentement pendant un moment. Autour, les pirates se sont regroupés progressivement, le bruit des moteurs les ayant faits sortir de leur couche. La boue noire laisse place à une eau brunâtre, puis jaunâtre avant de commencer à s’écouler proprement. Une première acclamation, suivie d’un « viva ». Saxxon pousse le jeune homme devant lui avec son coude pour le faire avancer. Anir marche pourtant la tête baissée, sa timidité revenue. C’est un Yapee claudiquant qui l’accueille avec un grand sourire édenté. Il salue aussi silencieusement le mineur qui hoche la tête. Yapee commence à gesticuler avec véhémence, manquant plusieurs fois de tomber par manque de stabilité. Borges le regarde en riant, le retenant une fois de plus. Anir a un sourire immense qui change totalement la physionomie de son visage. Cormoris se penche à l’oreille de Saxxon.
— J’aime le voir comme ça. Il n’a pas eu une vie facile, le marmot. Merci pour l’eau, Mineur. Je m’appelle Cormoris. Je m’occupe du poste d’armement à bord du Khamsin. La femme c’est Varga, au pilotage. Kelvin le blond est à la compilation des données, le petit là, c’est Bethlehem à la vigie et à la radio. Je crois que tu connais tout le monde sinon. On a mal commencé mais on te doit la vie… Encore une fois.
Saxxon regarde l’homme. Une bonne cinquantaine d’années, la peau tannée par le soleil, les yeux d’une couleur claire étonnante, les cheveux grisonnants. Le physique de l’homme est impressionnant. Sous la légère bedaine se cachent des muscles puissants. Le sourire de l’homme est engageant avec une légère note un peu déstabilisante, comme si de ses yeux clairs, il pouvait lire à l’intérieur des gens. Préférant rester prudent, le mineur hoche simplement la tête. Borges qui mettait une pastille dans le bassin pour tester la salubrité sourit.
— L’eau est parfaitement propre et claire. Nous survivrons encore quelques jours mais, je ne voudrais pas miner le moral des troupes, sans nourriture ça ne changera rien. L’échéance est juste repoussée.
Saxxon secoue la tête.
— Nous mineurs, avons une réserve en cas de disette.
Anticipant les réactions, Saxxon continue.
— La mine est abandonnée depuis quatre ans mais la nourriture lyophilisée ou en longue conservation se trouve quelque part. Même si les mineurs ont quitté la mine, ils laissent de quoi nourrir quelques familles qui reviendraient ou qui chercheraient un refuge.
Saxxon regarde avec amusement autour de lui.
— C’est un peu le cas…
Borges croise les bras.
— Alors, dis-nous où regarder. Certains ici n’ont rien dans le ventre depuis plusieurs cycles.
Les yeux de Saxxon parcourent les murs à la recherche de la marque.
Varga s’impatiente.
— Si au lieu de garder ton savoir, tu nous disais ce que tu cherches. On pourrait t’aider.
— Une marque. La marque de la réserve. C’est un trait vertical avec un carré en-dessous et au-dessus un trait horizontal.
Varga lève les bras et fait un geste circulaire.
— Allez les gars, on cherche la marque ! Le premier qui la trouve aura double ration de gnole.
Le petit groupe qui s’était fait autour de la fontaine s’égaille, fouillant sol et mur. La femme s’approche du mineur, lui mettant une claque dans le dos.
— Bienvenue dans la famille, Mineur. J’ai eu des doutes sur le choix du capitaine. Personnellement, je t’aurais tué après le meurtre de Moreau. M’en veux pas, j’avais tort.
Saxxon hoche une nouvelle fois la tête. Les pirates étaient rustres mais restaient des hommes et des femmes comme les autres.
Un cri résonne bientôt. L’un des membres du Khamsin vient de trouver la marque. Tout le monde se presse autour de l’emplacement au sol. L’homme ayant découvert la marque nettoie le sol poussiéreux des deux mains, à genoux sur le sol. La cache est large d’un mètre sur deux. Après avoir trouvé l’anneau, ils se mettent à quatre pour ouvrir l’emplacement. Celui-ci dévoile un trou noir. Une lampe éclaire le contenu. À moitié vide, il contient quand même plusieurs conserves et des sachets de nourritures en poudre. Borges soupire.
— C’est déjà mieux que rien. À vue de nez, je dirais qu’on pourra tenir une dizaine de cycles en économisant… Par contre, il faudra trouver une solution. Le Khamsin étant plus que mort…
À cet instant, le capitaine arrive avec Sura à son bras. Il prend connaissance des découvertes, les sourcils froncés. Il regarde Sura qui rayonne comme jamais. Il sourit néanmoins.
— Ce soir, réunion de l’état-major. Saxxon Brûlepierre, tu seras présent et Borges aussi. En attendant, que tout le monde se restaure.

Dans la plus grande alcôve, les membres de l’état-major se retrouvent autour d’un plat chaud de gruau odorant. De la liqueur sucrée remplit les verres taillés grossièrement dans du cristal ainsi que de l’eau pure. Hurlevent fait un tour d’horizon, notant l’absence de Cormoris qui arrive à l’instant en s’excusant sur la durée d’une partie de Traqueurs. L’officier artilleur s’installe sur le dernier coussin de libre. Autour de la table en roche se trouvent Amaury, Saxxon, Kelvin, Borges, Tem, Sura, Yapee et Varga. Le capitaine prend le contrôle de la conversation.
— Maintenant que nous sommes tous là, faisons un peu le point sur la situation. Borges : les blessés ?
Le médecin prend le temps de boire un peu d’eau et de la nourriture.
— Les blessés les plus graves sont sortis d’affaire. Ils sont conscients et s’ils ne peuvent pas tous marcher, ils peuvent être déplacés.
Hurlevent hoche la tête, puis se tourne vers Kelvin.
— Tu as eu le temps de faire l’état des stocks ?
L’analyste sort sa tablette tactile.
— Nous sommes exactement cinquante-trois ici. Avec la totalité des vivres, en rationnant, nous tiendrons six à dix cycles. Bien sûr, nous avons toujours la possibilité de chasser, mais d’après les statistiques, il y a très peu de gibiers dans les grottes.
Le capitaine enchaîne.
— Tem, la radio et les sonars ?
— HS en grande partie. Je pense récupérer la radio en me servant des composants du Khamsin mais ça demandera au moins trois cycles. Ensuite les roches sont vraiment particulières, elles interférent avec les ondes. Tous les relevés possibles sont faussés. Il faudrait mettre une antenne-relais à plusieurs kilomètres pour arriver à quelque chose.
— Tu répares un maximum et tu désignes une équipe pour la positionner. Niveau communication interne ?
La jeune vigie se tire l’oreille, puis se frotte le coude.
— Impossible. Les tablettes peuvent lire les puces mais impossible de les faire communiquer l’une à l’autre.
— Par les Jumeaux ! Ça ne m’arrange pas.
Hurlevent se tourne vers Yapee qui déguste son verre de liqueur avec bonheur. Il commence à lui parler par gestes. Le vieux mécano se frotte le menton où une barbe blanche prend place peu à peu. Il répond à son supérieur, finissant par secouer la tête. Hurlevent claque ses poings contre la table, dans un geste de rage. Son visage est crispé par une colère sans nom avant qu’il ne reprenne le contrôle de ses muscles faciaux. Il ferme les yeux un instant, puis lâche son souffle.
— C’est pire que ce que je croyais !
Le capitaine se frotte le visage des deux mains.
— Nous n’avons plus le choix.
Il regarde ses hommes tour à tour.
— Brûlepierre m’a parlé de la possibilité de rejoindre la mine la plus proche en passant par les souterrains. C’est ce que nous allons faire. Il y aura une équipe d’exploration, puis si Tem n’a pas réussi à joindre les oasis ou un autre vaisseau pirate pour nous sortir de là, le reste du groupe nous rejoindra.
Varga se redresse d’un coup.
— « Nous » ? Tu veux partir avec l’équipe d’exploration ?
— Oui. Je ne resterai pas derrière ! Tu seras là pour veiller sur l’équipage avec Kelvin et Tem. Yapee aidera puisque le Khamsin est condamné à pourrir ici. Borges s’occupera des blessés et de Sura.
— Je n’ai pas besoin qu’un homme s’occupe de moi !
— La ferme ! Tu es enceinte ! Que crois-tu ? Que cela m’indiffère ! Tu n’es peut-être plus ma femme vis-à-vis de ton peuple, puisque je n’en suis pas le père, mais tu restes membre de mon équipage ! Je ne te laisserai pas mettre la vie de ton enfant en danger ou toi, est-ce clair ? Tu obéiras à Varga et si j’apprends à mon retour que tu as fait des tiennes, il t’en cuira, enceinte ou non.
Hurlevent finit son verre de liqueur.
— L’équipe d’exploration sera composée de Cormoris, Saxxon et moi et…
Jusque-là silencieux, le mineur prend la parole :
— La présence d’un mécano sera nécessaire. Je n’ai plus mes mains pour vous aider à faire fonctionner les machines.
Borges renchérit :
— En plus, le mineur est le plus grièvement brûlé. Ses mains sont en pleine cicatrisation mais l’infection n’est pas à exclure.
Le chef des pirates soupire.
— Tu ne viendras pas Borges. Trouve-moi un gars qui en sache autant que Yapee et autant que toi.
Le médecin éclate de rire.
— Impossible !
À cet instant, Yapee s’agite. Il avait suivi la conversation en lisant sur les lèvres. Le capitaine regarde avec attention les mouvements du vieil homme, puis pince les lèvres. Il lui répond. Le vieil homme insiste, désignant Saxxon du doigt, puis Sura. L’échange dure quelques instants encore. Puis le capitaine finit par hocher la tête.
— Sura, il paraît que ton peuple connaît des remèdes plus puissants que ceux des villes-bulles ?
La femme lève fièrement le menton.
— Nous vivions dans le désert bien avant la venue des vôtres.
Hurlevent sourit brièvement.
— Je prends ça pour un « oui ». C’est d’accord. L’équipe d’exploration sera composée de Cormoris, qui est le plus fort d’entre vous, de Saxxon qui connaît les mines et leurs secrets, d’Anir qui…
— Ce sang-mêlé ?
— Comme le sera ton bâtard, mon aimée. Donc Anir qui aidera Saxxon. Étant à moitié Atréyade et élevé parmi eux, il connaît, d’après Yapee, les bases de leur médecine. Si je l’avais su, je l’aurais employé autrement. On se chargera avec trois jours de vivres, des armes et du matériel. Je compte sur Saxxon pour nous trouver de l’eau et à manger en cours de route. Vu que les émetteurs ne fonctionnent plus, nous laisserons des puces avec les instructions de façon régulière. Vous nous suivrez une fois les vivres et autres solutions épuisées. Si par chance, vous captez une aide extérieure, partez. Nous nous retrouverons à l’oasis de Grin avant la saison des Tempêtes. Kelvin sera le commandant en mon absence. Varga, tu le soutiendras en tout.
Les yeux du capitaine se plissent.
— Je ne resterai pas en arrière, cette fois. Je suis Hurlevent. Je ne me cacherai pas ici pendant que d’autres risquent leur vie.
Varga croise les bras.
— Et si tu la perds sous terre, ta vie, Capitaine ?
— Alors Kelvin fera un bon capitaine.
Un sourire charmeur étire les lèvres du chef des pirates.
— Le Khamsin est mort ici. Plus rien ne te retient, Varga.
— On verra à ton retour, Capitaine.
Ils échangent un sourire complice, puis Hurlevent se tourne vers Saxxon.
— Te sens-tu capable de nous guider sous terre, Brûlepierre ?
— C’est après avoir déballé ton plan que tu me le demandes, Pirate ? Si je dis non ?
— Je ne te croirais pas. Tu es fier de ton statut de mineur et pour le peu que tu m’as parlé de toi, je sais que cette traversée est loin de te déplaire. Parle-nous de ce qu’on risque de trouver.
— Le chemin traverse les mines. Celles-ci sont parfois ensevelies. Il y a aussi des faiblesses dans les roches, des poches de gaz. On risque de tomber sur des nids de Karmaïs ou de Sirènes. Il y a des Saures sauvages. Des lacs souterrains… Assez de danger pour nous tuer une fois par jour.
Cormoris sourit de toutes ses dents.
— Tu es un pirate, Brûlepierre. Au fond de toi, tu es l’un des nôtres ! Comment as-tu fait pour rester simple mineur alors que tu brûles de te frotter à tous ces dangers ?
Saxxon ne répond rien. Les discussions roulent sur l’équipement nécessaire alors que le mineur observe son entourage. S’il en croyait Amaury, l’une des personnes présentes dans cette pièce, aurait causé l’accident du Khamsin et la mort de plusieurs hommes. Eudora lui disait souvent qu’il savait juger les gens. Mais là, dans cette alcôve, en train de partager un repas et de l’eau, aucun d’eux ne lui semblait hostile au point de vouloir tuer quelqu’un comme Hurlevent. Puis le mineur se secoue. Il est au milieu de pirates qui n’ont aucune loi, ni aucune règle si ce n’est les leurs, qu’il est facile d’adapter selon l’humeur et l’instant. Mais pouvait-il juger l’un d’eux par le peu de connaissances qu’il en avait ? Se fier à sa première impression ? Il tente de bouger les doigts mais grimace de douleur. La poudre d’ange ne faisait plus autant d’effet qu’hier. Il se jure qu’il ne demandera pas à augmenter les doses car ça serait se livrer pieds et poings liés au capitaine. Le capitaine. Saxxon sait qu’il doit maintenir l’équilibre dans leur relation car celui qui prendra le dessus sur l’autre, aura tout pouvoir.



1 commentaire:

  1. Bizarrement quand une situation à l'air de s'arranger, elle s’aggrave en même temps. Comme quoi rien n'est tout blanc ou tout noir ! C'est sympa ce côté boy-scout et entre-aide ! C'est très bro-situation ! XD Bon le traite il cache bien son jeu. . . en tout cas moi je suis pas pour la division de l'équipe, comme on dit "l'union fait la force" ! Mais bon j'ai pas mon mot à dire ><

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