samedi 26 octobre 2013

Sables : Chapitre 09

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Saxxon regarde partout autour de lui. En moins d’un quart de temps, la salle principale des moteurs est devenue l’enfer sur terre. Plusieurs hommes sont à terre en train de hurler et se tordre de douleur. Une épaisse fumée grise envahie la grande pièce, faisant tousser et pleurer. Soudain, une explosion les déséquilibre tous.
— Le moteur auxiliaire a lâché ! On va tous y rester !
Un puissant jet de vapeur gicle sur l’un des mécanos qui hurle en se tenant le visage, il percute Saxxon, qui, perdu, cherche quoi faire. Son métier lui, c’est percer les roches, pas bidouiller un moteur ! Les hommes rescapés se bousculent, totalement désorganiser. Un sifflement puissant, couvrant les bruits des moteurs, les figent tous. Ils se tournent vers Yapee qui gesticule avec fièvre.
— Il… il dit qu’il faut stopper le moteur principal mais…
Une diffusion coupe la parole au tout jeune homme qui parle. La voix de Sura leur ordonne de donner plus de puissance.
— Ils sont fou ! on va tous y rester !
Un geste sec de Yapee, accompagné d’un regard exigeant les arrête.
Obéissez au capitaine !
Il continu toujours aussi sèchement.
— Nous allons faire ce qu’on nous demande. On arrête de paniquer. Il faut que…
Un choc, suivit d’un énorme grincement fait exploser quelques machines de plus. Un boulon se détache, venant frapper l’homme muet derrière le crâne. Saxxon se précipite pour l’aider. Les hommes se sont remis au travail malgré les dégâts et la fumée. Le Khamsin bouge enfin, Saxxon le sent sous ses pieds. Il prend de la vitesse mais d’un coup, le cœur s’emballe, la pression monte, les jauges explosent. Les hommes hurlent de nouveau. Saxxon regarde le vieil homme donner des ordres à son équipage. Malgré tous leurs efforts, les machines deviennent incontrôlables. Le jeune mécano qui travaillait sur le réacteur principal annonce d’une voix terrorisée.
— La pierre à carburant est en train d’entré en fusion, il n’y a plus rien à faire !
Comprenant cette signification, Saxxon repose le vieil homme encore sonné, se dirige vers la machine. Il n’y a plus beaucoup d’homme encore valide dû à la chaleur et à la fumée. Un autre s’écroule, son nez saignant abondamment. Regardant autour de lui, le mineur arrache sans ménagement le pantalon de l’un de ses collègues évanoui. Il y passe ses bras, avant d’ouvrir la porte du moteur. Le jeune homme s’interpose.
— Mais qu’est ce que tu fais ? Tu es fou ! On va se faire empoisonner par les vapeurs !
— Tu préfère vomir pendant quelques cycles ou mourir ?
Saxxon repousse le jeune homme d’un geste sec.
— Tu es fou ! Tu ne vas pas y aller à main nue ! Arrête !
Sans répondre, l’ancien mineur enfonce ses mains dans le cœur en fusion. La pierre à carburant n’est pas encore complètement désintégrée. La chaleur est intenable. Saxxon sens ses poils roussir et sa peau s’asséchée, puis se tendre et enfin se fendre alors qu’il s’empare de la pierre. Le cuir de sirène du pantalon qui protège ses mains et ses bras commencent à se consumer, brûlant sa chair déjà échaudée. Lentement, sans perdre son sang froid, il sort la pierre tandis que le feu le dévore. Il serre les dents contre cette douleur mais fini par hurler quand sa peau commence à fondre. Il lâche la pierre avant de s’écrouler à genou, puis s’évanouir. Le cœur rebondi encore brulant… mais la fusion étant stoppé par le contact de l’air, il atterrie noircie et fumant au pied de Yapee.
Saxxon tressaute dans son sommeil. Le rêve est récurant, revenant comme une litanie ; encore et encore. Son souffle est coupé par la douleur omniprésente. Il a l’impression que son corps n’est réduit qu’à cette souffrance qui tourne, s’enfonce, l’imprègne. Elle pulse, pulse encore. A chaque inspiration, il a mal. Sa peau lui semble rigide, tellement elle est desséchée. Le moindre mouvement pourrait la déchirer. Même respirer lui parait dangereux. Saxxon, les yeux fermés, respirant par petite bouffée, essaie d’effacer cette torture qui le tourmente. Des voix s’élèvent autour de lui mais il ne veut pas les entendre ou les écouter, cela signifie qu’il se réveille et donc que son supplice va reprendre. Des sons graves sans queue ni tête, puis cette sensation. Extatique ! Une fraicheur quasi divine soulage momentanément son visage et son cou. Ensuite un liquide amer mais d’une telle fraicheur qu’il l’aspire entre ses lèvres craquelées. Il coule dans sa gorge meurtrie par la fumée et les émanations toxique. Saxxon sent sa glotte déglutir tandis que le liquide divin continue sa course puis, disparait. Il presse ses lèvres l’une contre l’autre, l’une d’elle se déchirant sous le mouvement. Il en veut encore… plus ! Le mineur papillonne des yeux, avant de les refermer aussitôt. Encore un peu plus de douleur. Ces simples mouvement l’ont épuisé mais ont momentanément réveillé son esprit. Il sent la luminosité diminuée assez pour lui permettre d’entrouvrir une nouvelle fois les paupières. Il lui faut un instant pour faire le point. Enfin, l’ancien mineur devine des ombres en contre-jour. Au moins deux, voire plus. Une voix qu’il identifie comme celle de Borges s’adresse à lui.
— Ne tente pas de bouger ni de parler pour le moment. Tu as été sérieusement abimé, mon gars.
Saxxon dirige son regard vers la voix du médecin. Ce dernier lui sourit avec douceur.
— Le capitaine est avec moi. Je vais te faire boire un remède qui endormira la douleur. Je dois changer tes pansements. Cligne des yeux si tu as compris.
Ce que le mineur fait. Borges reprend tout en préparant la potion.
— Cela fait dix temps que tu es dans les pommes. Content de voir que tu es de retour parmi les vivants. On doit te remercier, Yapee dit que c’est grâce à toi si on est encore en vie. Ouvre la bouche… voilà… doucement. C’est bien.
Saxxon avale avec difficulté le breuvage. Borges continue à parler de propos anodin, le temps que la potion fasse effet. Lentement, Saxxon sent ses muscles tétanisés se détendre, puis la douleur refluer pour ne devenir qu’un point lancinant. Le médecin lui sourit.
— Voila qui est bien mieux. Je vais maintenant dénouer les bandages sur tes mains et tes bras. Tu as été sérieusement brûlé, tu sais.
Saxxon relève la tête pour suivre les manœuvres du médecin. Il voit le léger tissu souillé de rouge et de jaune se décoller lentement d’une première couche. Malgré la douceur de la manipulation médicale, Saxxon ne peut s’empêcher de gémir à chaque effleurement ou de ses membres. La gaze se déroule, Saxxon regarde apparaitre son bras dans un mélange de fascination morbide et de dégoût. La peau est noire et aussi friable que du parchemin. Dès que le médecin manipule son bras, la peau tombe en poussière. Dessous le rouge malsain de la chair semble palpité. Ses doigts sont démesurément gonflés et déformés. Il y a aussi des endroits où la peau a été tellement rongée par le feu, qu’on aperçoit les tendons blanc et les os.
— Oui, ce n’est pas très beau… mais nous allons arranger cela, n’est ce pas Capitaine ?
L’interpellé sourit malgré ses iris troublés par la vision des blessures.
— On fera le nécessaire. Tu as été valeureux, mineur.
Le pirate esquisse même un sourire. Saxxon plonge ses yeux dans ceux de l’homme. Un échange muet d’interrogations. Les deux hommes se jaugent cherchant chez l’autre son reflet et sa différence. Saxxon ferme les yeux, abandonnant au capitaine cette joute. Il se lèche les lèvres, assoiffé. Amaury l’aide à boire une eau tiède et sucrée. Ayant retrouvé un peu de salive Saxxon se racle la gorge. Sa voix est méconnaissable, éraillée et faible. Le capitaine doit se pencher pour l’entendre.
— Empêche la femme de venir, Pirate. Je ne subirais pas d’autres assauts.
Le médecin claque sa langue sur son palais tout en continuant ses soins.
— Te voilà épuisé maintenant. Tu es incapable de la lever même devant le vagin le plus mouillé du monde.
— Sura ne viendra pas, mineur. Cette garce ne sortira pas du Khamsin.
— Ah Capitaine, c’est pourtant vous qui l’avez ramené à bord… prenez-en soin. C’est de votre femme qu’il s’agit.
Le capitaine retient un grognement.
— Je suis au courant, Borges. Mais ca ne fait pas d’elle une femme fidèle ou amoureuse. C’est une femme ambitieuse et sa légitimité la rend dangereuse.
Saxxon suit l’échange avec attention malgré ses yeux fermés et sa respiration trop rapide. La femme qui le chevauchait est donc la femme du capitaine. Il ouvre un œil. L’homme a les traits fatigués et tendu. Ses yeux olive brillent d’intelligence et de rancœur. Des cernes bleutés soulignent l’intensité de ses iris particulier. Ses cheveux encadrent son visage aux traits acérés. Saxxon se demande si cet homme est considéré comme beau aux yeux des femmes. Sûrement, est la réponse qui lui arrive. Eudora apprécierait cette beauté froide. Eudora… il se demande si son amie a trouvé ce qu’elle cherche. Il l’espère en tout cas. Elle lui manque… que penserait-elle de ce qui se passe ? Lentement, Saxxon tombe dans l’inconscient, bercé par les voix des deux hommes. La drogue lui permettant un temps d’oublier la souffrance de ses mains esquintées.
Deux temps plus tard, Saxxon est pris de tremblements. Son corps parait glacé tandis que ses avant bras irradient de chaleur. Une sueur aigre coule sur son visage et sur son torse. Il se met à claquer des dents. La fièvre est forte, fulgurante. Il lui semble entendre une voix près de lui, une voix douce aux intonations graves. Cette voix lui sert de rempart. Il s’y accroche, la cherchant. Elle est le phare dans sa tourmente. Elle lui permet de ne pas perdre pied, de rester dans la réalité. Saxxon papillonne des yeux. L’ombre est là, en contre jour. Il aperçoit la blancheur d’un sourire, vite caché par un tissu frai sur son visage qu’il bénit en soupirant de soulagement.
— La fièvre est forte mais Borges a dit que cela pouvait t’arriver, Mineur. Ton corps combat les blessures mais te pompe ton énergie. Bois, c’est une potion pour faire baisser la température.
L’ombre du capitaine presse un gobelet contre ses lèvres craquelées tandis qu’une main sur sa nuque le relève. Saxxon boit avec avidité le liquide amer et piquant, puis retombe sur son oreiller.
— Que fais-tu là, pirate ?
— Je m’occupe de celui qui a sauvé mon vaisseau et mon équipage. Tais-toi donc. Il faut que tu guérisses. J’ai besoin de toi rapidement.
Un sourire désabusé glisse rapidement sur les lèvres du mineur. La gentillesse pure ne collait pas au personnage du capitaine pirate.
— Où sommes-nous ?
— Dans l’ancienne mine de Longrand.
— La maudite ?
Le capitaine éclate de rire.
— Superstitieux, mineur ?
— Pas plus que toi, pirate.
Les deux hommes échangent un sourire rapide. La drogue faisant effet sur Saxxon, ce dernier sentait son esprit plus clair que jamais, son corps étant, quant à lui, totalement engourdit. Notant les yeux vifs du malade, Amaury se redresse.
— Je vois que la poussière d’ange fait effet.
Les sourcils de Saxxon se froncent.
— C’est ce que tu m’as donné ?
— À petites doses, c’est un remède efficace. Au moins je ne te perdrais pas au milieu de notre discussion. Car nous devons discuter sérieusement, Mineur.
Le pirate aide le mineur à s’adosser aux sacs de tissus servant de coussin. Saxxon se laisse faire, intrigué par cette entrée en matière.
— De quoi veux-tu causer, pirate, qui ne peut attendre que j’aille mieux ?
— De notre survie, à toi comme à moi. Mais commençons par le début. Je m’appelle Amaury Hurlevent, Capitaine du Khamsin et pirate. Je ne peux pas te serrer la main pour me présenter dans les règles, cette-fois.
—Saxxon Brûlepierre.
— Brûlepierre. J’aime ton nom. Il est puissant.
— Cesse les flatteries. Elles sont inutiles. Je t’écoute.
— Le convoi que nous voulions attaquer était piégé. Nous avons subit de lourdes pertes en hommes et en matériels, empirées par l’attaque d’un Kamaï. Il n’aurait pas dû se trouver dans cette partie du désert, trop proche des falaises. Cela a causé des dégâts irréversibles sur mon vaisseau et sans ton sang froid, je l’aurais perdu, perdu mon équipage et perdu la vie. J’ai une dette envers toi que je vais alourdir en te demandant encore une fois ton aide.
Saxxon ne dit rien. Voir cet homme si fier s’abaisser à demander un service était un spectacle intriguant. Il fallait vraiment que l’homme soit aux abois pour en arriver à traiter avec celui qui avait tué son second et deux de ses hommes. Ne voyant aucune réaction, le pirate continue.
— Le convoi était la solution pour nourrir ta ville. Nous aurions fait disparaitre Narval de la carte, gardant son autonomie mais maintenant, eux comme nous sommes au bord de la catastrophe. Ils n’ont que trois jours de vivre, ici nous en avons pour encore moins… l’eau nous manque déjà. Tu as tué Moreau. Il aurait pu nous expliquer comment fonctionne les installations de la mine. Même Yapee s’arrache les cheveux. Il ne reste que toi.
— Je suis donc votre seul espoir. Ça se monnaye.
Le pirate se raidie alors qu’un pli amer marque sa bouche. Saxxon esquisse un sourire.
— Pour qui me prenais-tu, Hurlevent ? Tu m’as pris ma ville, tué mes amis, terrorisé mes voisins et voler notre liberté. Croyais-tu que j’allais accourir comme un héros pour vous sauver ? Énoch n’avait rien fait… vous l’avez tué comme un poisson, éventré de la gorge au ventre !
Cette fois Amaury fronce les sourcils.
— Qui est Énoch ?
Les yeux de Saxxon brûlent de colère, tandis qu’il revoit le corps de son ami au sol. Malgré leur état, ses mains se crispent, faisant jaillir des articulations abimées, un filet de sang.
— Tu ne sais même pas qui tu assassine !
— Je suis un pirate. Je tue les gens, qu’importe leur nom ou leur visage s’ils sont en travers de mon passage !
— Énoch ne méritait pas cela ! Galon non plus.
— Moreau et mes hommes non plus. Tu les as tués. Tu es un assassin toi aussi.
Hurlevent sourit, narquois.
— Toi aussi, mineur, tu ne connaissais rien de leur vie. Tu la leur as ôté sans remord, ni regret. Toi et moi sommes égaux, Brûlepierre.
— Ne me range pas dans le même sac que toi, Hurlevent ! Je ne suis pas un tueur !
— Il faudra bien que tu ouvre les yeux. Tu as les mains aussi rouges que les miennes.
Amaury, comme Saxxon, regarde les mains aux bandages maintenant souillés de sang frai.
— La douleur…
— Est présente, même une fois guérit.
Le pirate prend un plat rempli d’eau, puis commence à dénouer les bandages pour en refaire des propres. Leur regard s’accroche un long moment, Saxxon revoyant les cicatrices de l’homme. Il lâche un soupir, oubliant momentanément sa colère.
— Tu disais qu’il n’y avait plus d’eau alors que tu en utilise un plat complet.
Les muscles de Saxxon tressautent tandis qu’Amaury panse les brûlures.
— Une grande partie des réserves sont pour les blessés du Khamsin. Tu en fais parti. Nous avons déjà rationné les hommes mais il n’y a plus assez de puissance dans mon vaisseau pour filtrer et recycler l’eau. Moreau m’avait prévenu que chaque mine avait son secret et ses réserves. J’espère juste qu’il en reste quelque chose. Aucun de nous ne comprend les marques des mineurs.
— Que me donneras-tu en échange ?
— Que veux-tu ?
Amaury continue le nettoyage des mains du mineur. L’eau se teinte de rose, puis de pourpre. À la surface, quelques plaques de peau carbonisée flottent paresseusement.
— La liberté pour ma ville.
Le pirate sourit.
— Je leur offre l’indépendance face aux villes-bulles. Le commerce avec les oasis et les voyageurs est d’autant plus lucratif.
— Tu vas les affamer ! On ne peut pas vivre sans les produits des villes-bulles et les pillages ne nous sauveront pas !
— Que tu es naïf, Brûlepierre. Comment crois-tu que les oasis survivent, ou les Atréyade ?
— Les Atréyade sont un peuple déjà mort tandis que les habitants des oasis sont un ramassis de déchets humains. Nous avons besoin des villes-bulles !
— Erreur ! C’est eux qui ont besoin de vous ! Survivre sans eux, est possible ! Je le fais depuis huit ans !
— Parce que tu vole et tu pille la nourriture des autres ! Sans toi, et les pirates, l’équilibre serait parfait !
— L’équilibre n’est PAS parfait ! Toi et les tiens crevez dans les mines pour quelques grammes de pierre à carburant pendant qu’eux vivent dans leur maison sous les dômes ! Protéger du monde extérieur et tellement sûr de leur suprématie ! Que sais-tu de la colonisation ? Du pourquoi les hommes sont sur cette planète ? Rien ! Tu n’en sais rien et tu te vautre dans cette ignorance comme tous les autres ! C’est tellement plus simple de vivre comme tu l’as toujours fait ! Ouvre les yeux et regarde !
— Regarder quoi, pirate ! La mort dès que tu sors des grottes ? La vie de miséreux dans les oasis sordides ? Crois-tu que j’ai été mineur toute ma vie ? Tu ne sais rien de qui je suis ! Tu te pavane ici, croyant tous savoir sur tout mais tu te trompe ! Tu me soigne pour que je te sois redevable, je préfère crever que de te devoir quoique ce soit ! Ici, sous terre, que tu le veuille ou non, c’est moi qui suis en position de force. Avec mes règles, mes lois ! Tu as débarqué dans ma vie, tu l’as saccagé et maintenant tu voudrais m’apprendre à vivre ?
Les deux hommes se toisent. L’atmosphère est lourde. Amaury est le premier à fermer les yeux, lâchant un soupir pour se calmer.
— Je savais que te convaincre allait être ardu, mais pas à ce point.
Le capitaine esquisse un sourire.
— Soit, tu as raison, Saxxon. Sous terre c’est ton territoire. Je suis assez intelligent pour faire passer la survie de mes hommes avant ma fierté.
Le mineur rit doucement.
— Rien n’est perdu.
— Nos vies sont différente, mineur. Pourtant la mienne n’est pas aussi mauvaise que tu veux le croire et surement que la tienne ne l’ai pas non plus. Faisons un marcher : Tu nous aide, encore une fois, à survivre dans les mines et une fois sortie d’affaire, je réfléchirais à quitter Narval.
— Me prends-tu pour un idiot ? Je ne veux pas de l’hypothétique, mais du concret. Je vais t’aider et une fois sortie d’affaire, je te surveillerais jusqu’à ce que tu quitte Narval et oublie son existence.
— J’ajoute sans représailles des deux côtés Si je quitte Narval, vous oublierez vous aussi notre existence.
— J’ai ta parole d’homme, Pirate ?
— Sur mon honneur, Mineur. Tu es sous ma protection.
— Et toi sous la mienne.
Pour sceller leur accord, les deux hommes se fixent. Prunelles brunes contre prunelles vertes. D’un simple hochement de tête, ils entérinent l’affaire. Puis Saxxon lâche un soupir entre lassitude et douleur. Il se rallonge, ses yeux papillonnants de fatigue.
— Ton corps combat le mal. Tu es une force de la nature Saxxon Brûlepierre mais parfois cela ne suffit pas.
Le malade rit doucement devant cette évidence tandis qu’il sombre dans un sommeil réparateur. Amaury le veille un moment. Une fois l’homme endormis, il quitte l’alcôve pour rejoindre Bethlehem dans la sienne.




3 commentaires:

  1. Ah Saxxon! Toute cette souffrance! J'adore son caractère déterminé ainsi que le beau capitaine. Du coup on apprend qui est Sura par rapport au capitaine. Cela me trouble encore plus... Du coup j'attend la suite!!!

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    1. Merci Ume ! La suite arrive dans une quinzaine de jour *prend de l'avance* Contente que la suite t'interpelle ! le chapitre 10 est emplis de révélations également. l'action revient bientôt aussi ^^.
      Merci pour tes encouragements !!

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  2. Ce chapitre est un combat de coq. . . très amusant ! Bon Saxxon a beau être dans un sale état, un p'tit remontant et il pète la forme sans pour autant divaguer. . . Magie Magie ! XD le combat verbal et visuel est très attrayant, j'ai l'impression qu'ils disent la même chose, mais ne s'entendent pas, c'est un dialogue de sourd ou on peut confronter ça à "qui a la plus grosse". . . pour le coup Sax' 1 - 0 Am' <3

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