samedi 12 octobre 2013

Sables : Chapitre 08

ANNONCE OFFICIELLE : Kitty-Chan devient l'illustratrice de Sables. Grâce à son crayon, Saxxon, Amaury et les autres ainsi que les créatures de Sables prendront vie. J'espère que cette collaboration vous plaira !

 



Chapitre 08


— À l’abordage !
— Ordre du capitaine : à l’abordage !
La tension sur la plateforme de commandement est électrique. Les officiers sont concentrés et sur leurs consoles et sur la vision qu’offre le désert à cet instant. Au sol, les dunes pâles renvoient les rayons des Jumeaux percuter le flan massif du convoi. L’air est saturé par la chaleur, créant des murs tremblants de brume qui reflètent les objets. Le convoi est long d’une trentaine de mètres, tel un ver, sinuant sur le sable brûlant. Il accélère l’allure à la vue des pirates, les vibrations du moteur du train faisant vibrer les quelques rochers à portée. Les Chags chargent, leur canon sonique bombardant les mercenaires de sécurité.
— Prêt pour la première salve, Capitaine.
Les doigts de Cormoris volent sur sa console.
— Canons bâbord 3 et 4 en position. Canon tribord 1 en chargement.
— Bien. À mon commandement… Feu !
D’un accord parfait, les canons crachent une onde sonique basse fréquence, repoussant tout sur son passage. À la vigie, Tem crachote.
— Les Chags les prennent à revers mais… Capitaine !
Hurlevent se tourne vers son jeune officier. L’une des fenêtres est remplacée par une vision informatique de la scène. Plusieurs points quittent le transporteur par l’arrière et la coque du convoi rougit en deux endroits. La voix de la vigie est hystérique.
— Ils ont armé le convoi avec des canons laser. C’est un piège, Capitaine. Une quinzaine de chasseurs en vue. Capitaine !
— Calme-toi, reste concentré. Cormoris, bombarde-moi cette merde. Kelvin, rappelle nos hommes, vite. Varga, manœuvre d’évitement, maintenant.
— Impossible, Capitaine. Le moteur auxiliaire a des ratés. Je n’ai plus le contrôle bâbord.
La voix de Varga est tendue, elle reprend :
— Je tente de basculer l’énergie vers le moteur principal mais nous perdons de la puissance.
— Augmente le débit des pierres à carburant !
— On va cramer le moteur, Capitaine !
Kelvin prend la parole, d’un débit rapide :
— Les Chags font demi-tour mais l’ennemi était préparé. On a perdu trois vaisseaux.
Cormoris lance d’une voix blanche :
— On a perdu les canons avant !
Tem pianote follement sur sa console.
— Capitaine… Capitaine, j’ai un mouvement tectonique anormal…
Hurlevent serre les dents. Il va pour donner un ordre mais la voix de Bethlehem monte dans les octaves.
— Un Karmaï ! Un Karmaï ! Par le Sable, il est énorme !!
Tous les autres se tournent vers le jeune homme, puis sur l’écran. Un grondement puissant fait trembler le Khamsin. Les dunes entre le transporteur et le vaisseau pirate explosent, noyant la scène d’un nuage de grains blancs. La tête d’un ver géant des Sables apparaît ainsi qu’une partie de son corps qui ondule de façon menaçante. Il doit bien faire cinq à six mètres de diamètre. Son corps est recouvert de plaques squameuses oscillant entre le brun et le vert. Son œil unique pédonculé oscille de droite et de gauche, parfois tournant à 180°. La voix de Tem est tremblante.
— Ce n’est pas normal, pas normal…
Hurlevent qui est resté figé devant l’apparition à moins de dix mètres d’eux, serre les poings.
— Au contraire, Tem. C’est la suite logique.
— Mais un Karmaï… Il est trop près des falaises !
Kelvin prend la parole :
— Retour des Chags, Capitaine. Cinq disparus, dix blessés.
— Bien, qu’ils aillent à l’infirmerie. Varga, ce demi-tour ?
— Je fais de mon mieux, Capitaine.
À l’extérieur, le Karmaï bouge de plus en plus vite. Cormoris arme les canons.
— Il va charger, Capitaine !
— Impact imminent !
D’un mouvement rapide et souple, plus qu’il n’y laisse paraître, l’animal se jette sur le Khamsin. Les canons crachent leur jet sonique. L’animal recule, contractant ses anneaux de douleur.
— Capitaine…
Le ver sort un peu plus de son trou, chargeant une nouvelle fois.
— Varga !
— Oui, je sais Capitaine.
Cormoris tire une salve de plus mais le ver fonce sur eux.
— Varga ... !
— Hum…
La femme pianote fiévreusement sa console, concentrée comme jamais. Tem hurle :
— Impact !
Le vaisseau, percuté par l’animal, vacille dangereusement, broyant le métal et fissurant les fenêtres d’observation malgré l’alliage sensé être indestructible. L’animal crache un jet de salive corrosive sur celles-ci. Le verre ainsi que la coque du vaisseau pirate commencent à fumer.
— Varga, c’est maintenant !
— Impossible sans faire exploser les moteurs, Capitaine.
— C’est un ordre ! Sors-nous de…
Le Karmaï charge encore, son corps s’enroule autour du vaisseau malgré les tirs nourris de Cormoris.
Kelvin halète.
— Coque du vaisseau endommagée à 52%. On ne survivra pas à une troisième attaque. Perte de la cale arrière, fissures importantes sur le dôme ainsi que sur bâbord. Brèche constatée au quatrième niveau. Salle des réservoirs endommagée, le…
— Cormoris, vide les canons, il faut qu’on se libère. Varga, tu nous sors de là maintenant !
Dans un cri de guerre, Cormoris appuie sur les boutons de commande des canons, encore et encore, blessant l’animal, le transperçant. Varga rugit aussi, poussant le vaisseau à travers le corps de l’insecte géant. Le Khamsin tremble, gémit, crisse, puis finit par bouger. Plusieurs explosions résonnent à travers les coursives, les cris des hommes d’équipage se font entendre. Hurlevent serre les poings, tendu comme son vaisseau. Lentement, le Khamsin progresse. L’animal tente de resserrer son étreinte mais Cormoris le bombarde d’ondes soniques aussi coupantes qu’une lame. Dans un bruit mouillé, le Karmaï se déchire en deux. Les vitres se recouvrent d’un mélange de peau, de viscères d’un brun rouille, de sang fumant, s’évaporant et séchant presque immédiatement. Les fissures laissent entrer l’odeur nauséabonde du cadavre. Kelvin n’a que le temps de se retourner pour vomir au sol. Varga et Tem sont pâles, Cormoris respire par à-coups entre ses lèvres. Hurlevent, quant à lui, est blême de rage. Les Jumeaux faisant leur office, le mélange visqueux sur les vitres se craquèle, finissant par tomber par gros pans.
— Varga, ramène-nous à bon port.
— B… Bien Capitaine.
La voix de Sura retentit sur la passerelle.
— Capitaine ?
Hurlevent fait signe à Tem de brancher le micro.
— Ici le Capitaine Hurlevent. À tout l’équipage : reprenez vos postes. Les blessés seront conduits à l’infirmerie. Par section, faites parvenir à Kelvin le bilan des pertes et des avaries. On rentre à Narval.
Le capitaine se laisse tomber sur son fauteuil en soupirant. Il se masse les yeux puis sourit à son équipage.
— On rentre à la maison, les enfants.
Le soulagement est de courte durée. Sur la passerelle silencieuse un bip régulier se fait entendre. Les hommes et le capitaine se tournent vers Tem. La jeune vigie est blanche, une fine pellicule de sueur recouvre son visage, raidissant ses cheveux en de nombreux épis. Son corps, toujours mobile, a pourtant la rigidité du fer. Il avale sa salive. Pianotant d’une main nerveuse, il lâche son souffle d’un coup.
— Capitaine, nous sommes pris en chasse. Une dizaine de vaisseaux en escadrille nous piste. Ils nous rattraperont dans moins d’un temps.
— Et merde !
Le poing du capitaine s’abat violemment sur l’accoudoir.
— Relevé topographique, Tem ?
— En continuant vers l’est, nous arrivons près des falaises de l’Oural. Il y a trois mines désaffectées dans un rayon de soixante-quinze milles.
— Les rapports sont désastreux, Hurlevent. On ne tiendra pas longtemps à ce rythme ! Il faut trouver un abri !
— Reçu, Kelvin. Tem pousse à cent milles.
— Grotte de Longrand à quatre-vingt-dix-sept milles. Accessible par la traversée de la passe de l’aigle.
Varga grogne.
— Le vaisseau a perdu de sa maniabilité. Je ne pourrais pas le diriger convenablement dans un passage étroit.
— Pas le choix, Varga. Tem, mets le cap vers cette mine. Varga, tu fais au mieux, mais il faut l’atteindre avant la nuit !
La femme serre les dents en murmurant.
— Si on ne tombe pas en morceaux d’ici-là.
— Au lieu d’être défaitiste, trouve-nous un circuit pour semer les chacals.
— C’est en cours, Capitaine.
— Kelvin, transfère-moi les dossiers des dégâts sur ma console.
— C’est en cours de traitement.
— On va s’en sortir.
La voix de Sura résonne sur le poste de commandement.
— Feu dans la salle des moteurs, Capitaine.
— Il ne manquait plus que cela ! Varga, cette trajectoire !
— Coordonnées entrées. C’est bon. On y va.
Le vaisseau file entre les dunes de plus en plus hautes. Le capitaine reste nerveux.
— Tem, l’escadrille ?
— Sur nos traces, mais on prend de l’avance apparemment.
— Varga, essaie de les semer dans le dédale de dunes.
— C’est ce que je fais depuis tout à l’heure, bon sang !
Les Jumeaux gravissent le ciel, arrivant à leur zénith. Le sable est devenu d’un blanc aveuglant, rendant la navigation difficile.
— C’est le moment, ouverture !
La coque du Khamsin semble se craqueler mais pivote, révélant un revêtement miroir. Grâce au zénith des Jumeaux et l’absence d’ombres, le vaisseau disparaît par un effet d’optique. Une fois le navire camouflé, Hurlevent s’affale dans son fauteuil en soufflant tandis que ses officiers se détendent également.
Quelques temps plus tard, le Khamsin est à l’arrêt au fond d’une grotte. La voûte culmine à plusieurs mètres au-dessus de la rivière de sable brun. Après une visite sommaire des lieux, Borges a installé un hôpital de fortune pour soigner les membres d’équipage blessés pendant l’attaque et les diverses explosions des moteurs. Pendant ce temps, Hurlevent a divisé les valides en petites troupes armées pour fouiller plus en profondeur la mine déserte. Kelvin, Tem et Varga avancent de concert avec lui tandis que Cormoris ainsi que deux autres membres d’équipage font l’état des lieux des installations techniques. Le capitaine avance à travers les boyaux sombres et vétustes.
— Kelvin, que sait-on de cette mine ? Pourquoi a-t-elle été abandonnée ?
L’analyste pianote sur sa tablette.
— D’après notre banque de données, la mine de Longrand a été abandonnée il y a une quinzaine d’années. Les habitants ont subi plusieurs revers : épidémie, météo désastreuse, accidents, pillages… Le tout cumulé leur a fait quitter les lieux. Mais Longrand a la réputation d’être mauvaise.
Le capitaine éclate d’un rire bref.
— Alors elle nous convient tout à fait ! Fouillez les alcôves, il y a peut-être des restes utilisables. Trouvez de l’eau et à manger…
— Mais Capitaine, elle est abandonnée depuis longtemps…
— N’extrapole pas, Tem. Avec les réserves du Khamsin nous avons à peine de quoi nous nourrir. Va avec Kelvin vers le haut. Varga, tu m’accompagnes par-là.
Le groupe se scinde. Hurlevent progresse, lumière et armes au poing vers les alcôves qui s’alignent de part et d’autre de leur chemin. Derrière, Varga, le pas lourd, reste sur le qui-vive. Une fois les bruits de l’autre partie de l’équipe assourdis par la roche, Hurlevent entre dans une alcôve. Elle est petite, ne comporte qu’une pièce de vie totalement dénudée. Quelques objets cassés s’entassent dans un coin. Il lève sa torche laser bien haut, avant de trouver les restes de pot à feu. Sur les cinq que comporte le logement, deux s’allument en crachotant. La lumière est incertaine. Varga s’avance. Le capitaine se positionne pour bloquer l’accès. Il pointe son arme vers son pilote. La femme se raidit, redressant son corps massif, toisant le capitaine.
— Un souci, Hurlevent ?
— Des questions plutôt.
Lentement, la femme pose son arme sur la table taillée à même la roche, elle lève ses bras.
— Je ne résisterai pas. Pas la peine de me menacer.
Le chef des pirates sourit ironiquement.
— Voyons, Varga. Je te connais. Même sans laser, tu es une arme à toi seule.
La femme hoche la tête.
— Tu as toujours eu un faible pour les femmes dangereuses.
— Exact. Il y a un traître dans l’équipage.
Varga ne cille pas.
— Tu t’es dit que c’était moi ?
— Je doute de tout le monde. L’attaque de ce matin était un piège, le Karmaï n’était pas là par hasard. La mine de Narval n’est pas mieux. Qu’as-tu à dire ?
Avec des gestes mesurés, Varga croise ses bras, s’adossant à l’une des parois, son arme hors de portée.
— Je suis loyale, Hurlevent. Quand tu nous as parlés du plan pour Narval, j’étais contre et je te l’ai dit. Nous sommes des pirates, pas des troglodytes. Notre place est dans le désert. Mais j’obéis à tes ordres. Tu sais bien pourquoi ou bien dois-je m’humilier et te le rappeler ?
— J’ai demandé à Tem de faire des recherches sur toi.
La femme encaisse le coup, pâlissant. Amaury continue :
— Depuis quand tu acceptes qu’un homme te chevauche, Varga ?
Le visage du pilote se tord de dégoût.
— Depuis que je n’ai plus le choix. Sa queue n’est pas aussi repoussante que ça, tant que je ne vois pas son visage. Le plaisir charnel reste du plaisir. Tu es bien placé pour le savoir, Capitaine. Sura est une chienne et Kelvin un lapin. Crois-tu que personne ne le sait ?
— Je n’ai jamais caché mes préférences, Varga. Contrairement à toi.
— Je hais les hommes, leurs mains, leur odeur… mais le sexe, reste le sexe. Borges est arrangeant et ne pose pas de question, C’est suffisant pour ce que je lui demande.
Varga quitte le mur, s’avançant vers son capitaine.
— Depuis quand ma vie sexuelle t’intéresse, Capitaine ?
— Tu fais ce que tu veux de ton cul, tu le sais. Ce qui m’intéresse c’est que tu me l’aies caché. Si tu me caches cela, il est naturel que je me demande ce que tu peux cacher encore, ma petite.
— Me taper Borges ne fait pas de moi une traîtresse ! Je ne suis pas ta cible, Capitaine. Quand j’ai envie de te dire merde, je te le dis en face, capitaine ou non. Le Khamsin est autant ma maison que la tienne et si tu penses que je ne suis pas loyale à toi, pense que je le suis au vaisseau. Il est notre passeport pour la liberté, pour ne plus être ce que nous étions et devenir ce que nous souhaitons. Je n’y retournerais jamais ! Hurlevent, tu es le meilleur chef pour le Khamsin. Je te dois la vie et mon esprit. Si ça ne compte pas à tes yeux…
— L’appât du gain entre en compte. Tu es loyale au vaisseau donc si on te l’offrait, tu l’accepterais contre moi.
Varga hausse les épaules.
— Qui ne l’accepterait pas ! Mais devenir chef pirate ne m’intéresse pas pour le moment. Tu sais ce que je cherche et c’est suffisant pour moi.
— Suffisant jusqu’à quand ?
— Jusqu’à ce que je décide le contraire.
— Comment te faire confiance ?
— Tu n’as que ma parole. Si je dois te trahir, Capitaine, je le ferais en face. Pas besoin de plan compliqué. Je viendrais te voir et je te tuerais en te regardant dans les yeux. En ça, tu peux avoir confiance.
Le sourire de Hurlevent troue la pénombre de l’alcôve, suivi par celui de son pilote. Il abaisse son arme, tendant la main à la femme qui l’empoigne avec force. La poignée de main dure plusieurs secondes puis les deux pirates quittent cette alcôve pour visiter les suivantes.
Après deux temps pris pour visiter ce qui fut la ville troglodyte de Longrand, le capitaine et ses hommes reviennent à l’hôpital de fortune de Borges. Ce dernier n’a pas arrêté depuis l’installation de l’infirmerie. Il est débraillé, ses bras et sa blouse sont couverts de sang et son front brille de sueur. D’un geste négligé, il se l’essuie avec un bout de tissu plus très propre. Finissant une suture à l’arcade sourcilière sur l’un des mécanos, il sourit au capitaine.
— Ah ! Il y a un blessé qui vous réclame à cor et à cri. Heureusement que Yapee est muet sinon on l’entendrait à l’autre bout du camp.
Hurlevent fronce les sourcils.
— Yapee a été blessé ?
— Ouais, et pas qu’un peu pour une vieillerie de son âge ! Il a une jambe cassée. Pas de panique, Capitaine. C’est une vieille carne encore plus dure que le roc. Il est au fond.
Amaury traverse donc la place changée en infirmerie. Il finit par trouver Yapee, la jambe maintenue dans un plâtre de fortune, assis à côté d’un corps inconscient. Le vieil homme salue le capitaine d’un mouvement de main et d’un sourire édenté. Amaury observe le vieillard d’un œil acéré. Le chef mécano rit silencieusement, écartant ses bras avec bonhommie.
— De quoi tu t’inquiètes, mon garçon. Je suis entier.
Les doigts de l’homme bougent avec grâce et rapidité. La réponse du capitaine est plus nerveuse.
— Ne fais pas le malin avec moi, Yapee. Tu as une jambe cassée.
— Tant que ce ne sont pas mes doigts… Par contre, le Khamsin est bon pour la casse. Il est irréparable.
— Tu es sûr ?
— Fiston, je sais que tu adores ce rafiot, mais le moteur auxiliaire est cramé, le principal ne tiendra pas le coup sans une réparation complète. La coque est fissurée sur plus de deux tiers et les pans directionnels ont été arrachés. Ça a tué une dizaine de mes gars en bas. Un vrai carnage.
Les yeux du vieil homme dévient sur le corps endormi.
— Tu vois ce gars, sans lui, on n’aurait pas réussi à réduire la fuite de pierres à carburant. Je ne sais pas où tu l’as trouvé mais garde-le.
Amaury regarde à son tour le patient. Sans surprise, il découvre Saxxon. Les bras de l’ancien mineur sont enroulés dans de la gaze, maintenue à son tour, par des bandages qui commencent à être souillés. Yapee reprend.
— Il a foutu directement ses mains dans la fournaise pour arracher les pierres en train de fondre. Un sang-froid impressionnant. Il nous a sauvés la vie.
Le regard olive du capitaine pirate s’attarde sur le visage en sueur de Saxxon. Les cicatrices sur son visage d’un rouge agressif ressortent sur la peau trop pâle. La respiration de l’ancien mineur est un peu trop rapide. Soudain, Amaury voit la joue se contracter sous un tic de douleur. Yapee hoche la tête.
J’espère pour toi que tu ne comptes pas le laisser crever…
— Non. J’ai des projets pour lui…
Hurlevent fait un geste à Borges qui faisait sa ronde.
— Comment va-t-il ?
— Comme un homme brulé au 3e degré. À certains endroits, j’apercevais ses os.
— Il va mourir ?
— Si aucune infection ne se déclare, il s’en sortira. Il aura tout de même beaucoup de travail à faire pour retrouver la mobilité complète de ses bras et de ses mains. Mais vu ce que j’ai appris sur lui le temps de sa présence à l’infirmerie, je pense qu’il est assez costaud pour s’en sortir.
Le médecin a un rapide sourire sur son visage mal rasé. Le capitaine hoche la tête.
— Et pour les autres ?
Le sourire du médecin se fane alors qu’il se gratte la joue.
— Deux morts de plus et surement deux autres avant demain. Un blessé grave en plus de celui-ci mais le reste est soignable.
— Bien. J’organiserai demain une cérémonie de deuil. Si tu penses que les blessés sont transportables, il y a assez de maisons-grottes pour tous. Il y aura une distribution d’eau et de vivres au coucher des Jumeaux.
Borges fait un mouvement du menton vers Saxxon.
— Et lui ?
— Je m’en occupe.
Puis Amaury reprend pour Yapee :
— Tu as besoin de quelque chose, Pape ?
Le vieil homme secoue la tête, se relevant en s’appuyant sur une canne de fortune.
— Je vais me débrouiller, fils.
— Je passerai te voir ce soir.
— Occupe-toi de ton cul et de ceux qui en ont besoin.
Amaury éclate de rire, finissant à haute voix :
— C’est bon, j’ai compris. Borges, déplace le mineur dans ma grotte. Je vais organiser la distribution avec Kelvin.
Après avoir donné ses ordres, le capitaine remonte l’allée des blessés à la recherche de son analyste.




3 commentaires:

  1. Salut!
    Très contente d'apprendre que Kitty-Chan devient donc l'illustratrice de "Sables"
    Et ce chapitre était à coupé le souffle je ne m'y attendais pas. Je dois me faire des idées mais prendrais-tu un malin plaisir à torturer un de mes perso préférés? Parce que tu n'y vas pas avec le dos de la cuillère avec lui. (>_<)
    Comme d'habitude, je reste frustré arrivé à la fin de la page mais je sais que je retrouverais bientôt les dunes...

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    1. Merci de ton retour et de te retrouver ici :). Oui, ce chapitre est un peu difficile pour tout le monde. Il fallait bien faire en sorte que Saxxon et Amaury deviennent proche pour pouvoir avancer l'histoire ^___^! Normalement le 9e doit être plus calme ... normalement.... ;)

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  2. Très intense ce chapitre, et pour une scène qui se veut chaotique la lecture est au contraire très prenante, fluide et claire. J'aime quand les choses s'imposent à moi naturellement, j'aime ne pas devoir interpréter en doutant de ce que je lis et là j'étais très contente ! Saxxon est vraiment le bon mec qui endosse le rôle du héro de guerre, et encore une fois c'est lui qui finit avec des bobos... Il va passer tout son temps à l'infirmerie ou quoi ? XD J'ai hâte d'avoir son PDV sur ce qu'il c'est passé et connaître ses raisons, pas sur que lui même les sache mais ça m'intrigue !

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